Kensei no sho

30 septembre 2010

Start

Salut les gens,

C'est l'inauguration de mon troisième blog, vous n'avez pas vu les deux précédents ? Vous n'avez rien raté c'est promis.
Dernièrement je me suis pas mal "promené" sur des blogs de dessinateurs plein de talents. Qu'ils soient lycéens ou pro j'avoue que j'ai pris plaisir à fouiller avec un petit côté voyeur dans ce qu'ils exhibent si bien : leurs œuvres. Bon j'avoue, je suis un peu jaloux parce que moi je ne sais pas dessiner. Et je vous jure que ce n'est pas faute d'avoir essayé ... Mais je ne suis pas doué de mes dix doigts, je n'ai jamais été capable de tracer une ligne droite ou de couper proprement quoi que ce soit.
Oui je suis du genre " bourrin ", quelle tragédie avec tout ce que j'ai dans la tête! Du coup je me suis lancé en désespoir de cause dans l'écriture. Domaine que je suis loin de maîtriser bien sûr, mais je compte sur ce blog pour m'entraîner et progresser. Je compte aussi sur vous pour laisser des commentaires constructifs pour m'aider à voir mes erreurs.
Bon si vous êtes là juste pour critiquer, merci aussi d'aller voir ailleurs ce serait très aimable à vous.

Sur ce ... Bonne lecture.

Kensei

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Susumu

Voici un personnage créé pour le forum rpg d'une amie qui hélas n'a jamais démarré http://alterna.forumsactifs.net/forum.htm , il faut dire que l'amie en question est hélas coutumière du fait ... Mao-chan, ne t'en fais pas je ne t'en veux plus, j'ai décroché la poupée vaudou la semaine dernière ( joke ). Le format de lecture risque de ne pas être agréable, hélas c'est du copié-collé aussi veuillez m'en excuser.

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Nom: Daïdoro
Prénom: Susumu
Surnom: Daï
Âge: 29 ans
Origines: Métis ( eurasiatique )
Rang : Ingénieur en robotique militaire au sein de l'armée fédérale.

Physique

Description: Susumu est de bonne taille, il mesure environ 1m88 pour 81 kg, il a donc une stature plutôt lourde due à une musculature développée. Ses yeux et ses cheveux sont noir charbon et sa tignasse est plutôt rebelle si bien que Susumu ne prends que rarement la peine d'essayer de se coiffer, préférant couper quand ça le dérange.
Son attitude générale est plutôt sévère et ça se transparaît jusqu'aux traits de son visage, plutôt froid et fermé. Son regard est très inquisiteur et mets souvent son interlocuteur mal à l'aise. C'est une des raisons pour lesquelles il porte souvent des lunettes de soleil. Niveau vestimentaire, le jour il porte généralement un pantalon de costume et une chemise en coton plutôt légère. A son boulot il y ajoute une veste de laboratoire qui ne reste pas longtemps sur ses épaules lorsqu'il se sait seul.
Le soir où dans le privé il troque son pantalon de costume contre un vieux jeans où plus souvent un pantalon en cuir renforcé de moto un peu trop large et sa veste de laboratoire contre un blouson lui aussi en cuir et dépourvu du moindre ornement.

Signe particulier: Tatouage représentant une rose des vents sur le dos de la main gauche.
Momentum: Susumu porte deux momentum, l'un occupe presque toute la surface entre son épaule droite et le coude , l'autre forme une grande ligne transversale dans le dos et est proche de rejoindre l'épaule droite.



Psychologique

Description: Susumu est déterminé ... C'est la moindre façon de décrire son obstination et sa ténacité. Quelque soit le domaine il aime aller au fond des choses et ne supporte pas l'idée d'abandonner bien qu'il soit tout à fait digne face à la défaite.
Autrefois joyeux, Susumu cache sa tristesse et ses angoisses sous une carapace de glace. Non qu'il refuse le contact humain, quand il en a l'occasion il va volontiers boire un verre avec ses collègues ( simple citoyen ou dream hunter ) ou accepte les invitations aux mariages... Seulement il fait en sorte qu'une relation ne dépasse pas la simple camaraderie, par peur d'engagements et surtout parce qu'il a conscience de ne plus avoir longtemps à vivre. Face à son inéluctable destinée Susumu semble presque serein, mais aucun responsable des DreamHunter n'a conscience, et Susumu lui même se refuse à considérer la chose, qu'à chaque fois qu'il plonge dans un Alterna il se laisse facilement envahir par le rêve, cherchant inconsciemment un rêve dans lequel "s'oublier" lui même.

Ce qu’il aime:La littérature classique asiatique, les arts martiaux, les Mobile Suits , la moto et la musique ( vieux rock, classique, néo classique ).

Ce qu’il n’aime pas: Les carottes, les vers et les gens collants.

Histoire

Aujourd'hui je m'appelle Susumu Daïdoro, j'ai 29 ans et je suis ce qu'on appelle un Dreamhunter ... Il n'en a pas toujours été ainsi, autrefois mon nom était Kenji Hijikata je suis né à Anjing et j'y ai passé pour ainsi dire toute ma vie.
Mon père, Hijikata Kentaro, était officier au sein de l'armée de la fédération avec le grade de Capitaine. Autant vous dire que je n'ai pas beaucoup de souvenir de lui .... Ma mère, Vivianne von nachtfield, faisait partie de l'armée aussi ... J'ai appris en entrant dans l'adolescence qu'autrefois, avant ma naissance, elle pilotait un Mobile Suit ... Le genre de truc qui fait rêver tout gamin vous voyez ce que je veux dire ?  Enfin quoi qu'il en soit elle s'est retirée du circuit et travaille à l'institut de formation pour les jeunes pilotes, je crois qu'elle a arrêté pour s'occuper de moi ... Enfin bref passons.

Mon enfance a été plutôt heureuse... Bien qu'à l'époque je trouvai mon père très dur et exigeant avec moi. Il n'avait de cesse que je sois le meilleur dans tous les domaines ... Depuis mes 4 ans il m'obligeait à étudier toute la soirée des classiques militaires : Sun tsu , le go rin no sho , Von Kriege , Alexandre le grand , la guerre des gaules etc ... A vrai dire, j'aimai ces moments passés avec lui dans l'intimité de son bureau ... Régulièrement il me soumettait des situations sur tableau ou avec des figurines et nous rejouions les grandes batailles de l'histoire ... J'étais fier d'avoir un père pareil. Lorsque j'ai eu 6 ans je suis rentré à l'école militaire je peux vous dire que ce n'était pas facile d'être le fils du capitaine Hijikata à l'époque alors c'est sous le nom de ma mère que mes parents m'ont inscrits. Outre les cours normaux nous apprenions la hiérarchie militaire et consacrions beaucoup de temps à la géopolitique. Par ailleurs c'est à cette époque que j'ai commencé les arts martiaux.

C'est aussi à cette époque que j'ai rencontré Kareen .... Je ne me souviens plus vraiment de nos premières conversations, quoi qu'on en dise certains souvenirs disparaissent pour devenir une toile de fond. Kareen était ma meilleure amie, elle excellait dans tous les domaines et ... Bah autant vous la faire courte : c'était une fille géniale.
On passait pas mal de temps à jouer ensemble quand on pouvait, ahah ... Je me souviens qu'elle rageait de ne pas pouvoir me battre au Go ! Bref ... La vie était plutôt cool pour moi jusqu'il y a 16 ans ... J'en avait treize alors, en pleine adolescence et dans une certaine rébellion avec moi même. Je faisais chier tout le monde en croyant leur expliquer comment fonctionnait le monde... Mais ce n'est pas ce qui nous intéresse ici .... C'était donc l'été et nous étions en vacances ma mère , Kareen quelques camarades de promos et moi même ....

AD 2149

- "Kenji attends nous !!!" Essoufflée la jeune fille et trois autres adolescents gravissaient péniblement le chemin forestier escarpé. Ils déteignaient pourtant des ados normaux ... Tous étaient en grande condition physique !
- "Faites un effort on y est presque !" Lui aussi en nage mais plus enthousiaste que ses camarades, Kenji caracolait en tête de la petite troupe. Il portait un treillis de la fédération et était chaussé de rangers, son sac à dos regorgeait de provisions. Il réprima une remarque en réponse au regard réprobateur de Kareen ... * Après tout se dit-il Père dit qu'un officier doit être à l'écoute de ses hommes et n'est pas là uniquement pour imposer les bonnes décisions * Déposant son sac il s'assit sur l'un des nombreux rochers bordant le chemin puis imitant ses camarades il sortit une bouteille d'eau. Kenji observa un instant ses amis ; Il y avait Kareen bien sûr du haut de ses treize ans sa féminité commençait à s'affirmer et Kenji ne savait pas trop comment gérer ce qu'il ressentait pour elle, car il avait peur de perdre sa meilleure amie en l'effrayant avec ... des sentiments. Pour l'heure Kareen discutait avec Naoko l'autre fille du groupe. Nul duo n'était aussi franchement atypique ; Là où Kareen était grande, le teint hâlé et rousse , Naoko était petite, d'apparence fragile et maladive les cheveux aussi sombres que le charbon... Pourtant à l'école peu de garçon et une seule fille avaient une chance contre Naoko en close-combat. Kelvin n'était pas de ceux-là ... Bien que plutôt grand il manquait cruellement d'initiative ce qu'on lui reprochait souvent dans cette école militaire où étaient formés les meilleurs officiers de carrière de la fédération. Toshiro lui était plus volontaire, un peu trop peut-être... Kenji et Kelvin plaisantaient souvent sur la libido surdéveloppée de Toshiro car celui-ci courait les jupons de manière outrageante bien qu'il ne manqua jamais de respect à ses condisciples.
Pour Kenji ces quatre personnes étaient de vrais amis, ils avaient des rêves communs et se voyaient déjà travailler chacun de leur côté au sein de l'armée fédérale mais en coordonnant aussi bien que possible leurs actions ... Des rêves de gosses.

AD 2165

Ouais j'ai oublié de vous préciser ... A ce moment là nous étions en vacances dans les montagnes au sud de Anjing, nous avions peu de vacances au sein de EFMA ( Ecole Fédérale Militaire d'Anjing ) Ma mère avait un chalet là bas, elle était venue avec une amie et à ce moment de l'histoire mes amis et moi gravissions la montagne pour aller camper au sommet et histoire de nous entraîner un peu... Alors où en étais-je ? Tss ça m'apprendra à me laisser interrompre...

AD 2149

Le petit groupe arriva bientôt au sommet et très vite chacun se mit à la tâche, tandis que Kenji , Naoko et Kelvin montaient les deux tentes , Kareen et Toshiro préparèrent un foyer et rassemblèrent du bois ( essentiellement du bambou mort au grand désespoir de Naoko et de Kenji qui savaient le bambou difficile à brûler.
Ils passèrent une partie de l'après midi à s'entraîner puis chacun fît une petite sieste en attendant la soirée ... Une fois le soleil couché ce pourquoi ils étaient venus se manifesta enfin ...
Ce fût Toshiro qui en remarqua le premier tandis que chacun nettoyait sa gamelle du repas pris sur le pouce.
- "Eh regardez en voilà une !" Dit-il en désignant d'un mouvement de tête le ciel étoilé ... Bientôt tous s'éloignèrent du feu de camp pour observer les étoiles filantes.

C'est alors que survint la première secousse ...

Les tremblements de terre étaient fréquents dans la région mais celui-là était d'une ampleur impressionnante ... Les adolescents furent jetés à terre, se tenant les uns contre les autres. Puis aussi brusquement qu'elle était venue la secousse cessa ...
Dans un silence angoissé chacun vérifia que tout allait bien, embrassant du regard ses amis Kenji ne remarqua pas tout de suite le grondement...
De la montagne située de l'autre coté de la vallée un pan de falaise s'écroula, entrainant des tonnes de rocs et de terre avec lui.

"- Une avalanche !!!"
- "Merde elle descend vers la vallée ..."
- "Mère !!!!!!!!!!!!!!!!! "

Avant que quiconque ait pu l'en empêcher Kenji se lança vers la vallée en descendant à toute vitesse la montagne coupant au travers de la foret et franchissant les clivages d'un bon avec l'énergie du désespoir. * Ce n'est pas possible ! Ce n'est pas vrai ! Elle est vivante j'en suis sûr ! Merde Mère ne soit pas là dessous ! Ce n'est pas possible * Tout à son angoisse Kenji ne réalisa pas que Kareen courait derrière lui suivie de peu par Naoko, Kelvin et Toshiro.

Lorsqu'il arriva au village de vacances le jeune garçon cru devenir fou ... Tout n'était que chaos ... Les maisons avaient été pulvérisée par la chute des rochers ou par la coulée ...

ci et là des membres humains se mélangeaient à la terre et à la ferraille ... De rares survivants erraient hagards, hélant de ci de là un proche qui ne répondait pas ou gémissant à cause d'un bras broyé où d'une jambe blessée mais parmi ces survivants aucune trace de Vivianne von nachtfield.
Kenji hurla :

- "MERE !!!!!!!!!!!!!!!!"

Le silence lui répondit ... Tandis qu'arrivaient Kareen et ses amis, des larmes coulaient traçant des sillons sur le visage sale du jeune homme.
Il sentait à peine le bras posé sur son épaule ... Petit à petit un bourdonnement se fit plus clair

- "K..ji , Ke.ji , Kenji !!!" Pleine d'inquiétude la voix de Kareen lui parvint enfin. "Kenji il faut partir, Kenji ... Il peut y avoir une réplique, il ne faut pas rester là il est trop tard ... Kenji !"

Naoko et les autres rassemblaient déjà les survivants et tentaient de les éloigner des falaises et de la vallée. Pour Kenji le déclic était différent ... Si sa mère était ensevelie et qu'il y avait encore une chance de la sauver c'était maintenant ou jamais.
Se dégageant de l'étreinte de Kareen, il se précipita vers l'emplacement du chalet familial et commença à creuser de toute ses forces ... Il savait qu'il faudrait au moins trois heures à la fédération pour envoyer des M.S.E. ( Mobils Suit Excavator ) et monter une antenne médicale.
Kareen tenta à nouveau de le raisonner ... Mais ses suppliques n'atteignaient pas Kenji.

- "Kenji, je t'en prie il faut s'en aller ! S'il te plaît Ken !!!!"
- "Dégages ! Va te mettre à l'abri avec les autres !" Cette capacité à réfléchir froidement lui revint, les enseignements de son père avaient portés leurs fruits.
"Allez sur la colline à l'est et rassemble les survivants, appelle les secours et fait un état des lieux précis même si ils sont sûrement déjà au courant."
- "Mais ... Et toi ?"
bredouilla-t-elle
- "Tu es élève officier à l'école fédérale militaire, bientôt tu recevras le titre de Cadet ... La loi N°765 du code militaire stipule qu'en situation de survie tu as à faire un état des lieux et de prendre la responsabilité des civils impliqués jusqu'à l'implication de l'armée fédérale où toute autorité responsable agréée où que tu reconnais comme prioritaire selon la situation..."
Kenji la poussa brusquement vers la groupe de survivants massés un peu plus loin.

C'est alors qu'un grondement familier se fit ressentir, le sol s'affaissa soudain sous les pieds des adolescents tandis que la terre tremblaient à nouveau. Ils se retrouvèrent dans un espace réduit couvert de gravas six mètres plus bas, la dernière vision de Kenji ce fut une étoile filante puis plus rien ... Une nouvelle avalanche venait de les ensevelir à leur tour. Kareen poussa un hurlement d'impuissance ... Indifférentes au drame qui se déroulait dans cette vallée les étoiles continuaient leur splendide manège estival ...


Heureusement Kareen avait son sac de survie sur elle et elle parvint finalement a allumer une lampe électrique. La lumière diffuse et pâle envahis le petit espace, les deux amis le reconnurent immédiatement, c'était une des chambres du chalet... Quelques heures auparavant l'endroit était chaleureux et acceuillant. Une fois la porte franchie une large pièce lambrissée reflétait la lumière du soleil passant par une large baie vitrée donnant sur un balcon fleuri. A présent la moitié de la pièce était pleine de terre, la vitre brisée sous la pression avait remplit la pièce d'éclat de verre.

Kenji s'activa très vite, déchirant son t-shirt maculé de boue il entreprit de bander ses mains écorchées. Puis il s'approcha d'une Kareen qui récupérait sa force morale habituelle et faisait l'inventaire de son petit sac de survie.
Sans dire un mot Kareen et Kenji s'apportèrent mutuellement les premiers soins ... Puis vint le silence et l'attente terrible. Une demi-heure s'écoula durant laquelle ils évaluèrent leur situation.

- "On devrait vite être secouru, dit Kenji, nous sommes proches de la surface et les M.S.E. devraient vite être déployés."
- "Tu as raison
, renchérit Kareen , néanmoins nous allons vite manquer d'air ... Il faut commencer à creuser vers la surface pour qu'ils captent les vibrations."

Aussitôt dit, Kenji brisa une petite table de chevet et à l'aide des planches ils attaquèrent le sol encore mou.
Durant plus d'une heure ils creusèrent puis sans échanger un mot ils décidèrent de faire une pause. Kenji tira un matelas sale et un couvre lit. Blottis l'un contre l'autre ils tentèrent de garder leur température corporelle.

- " Je suis désolé Rin !" Dit soudainement Kenji brisant le silence de plomb qui s'était installé. "Si j'avais gardé mon sang-froid on n'en serait pas là ... Je suis désolé que tu te retrouves dans cette situation."
- "T'en fait pas ... Personne n'aurait pu garder son sang froid dans cette situation tu sais ? Et puis il y a peut-être encore un espoir ..."
- "Non Rin, il n'y a plus aucune chance ... "

Kenji se releva et continua à creuser ... Au bout d'une heure d'attente les bruits légers des compresseurs articulaires des M.S.E. Parvinrent jusqu'à eux. Ils creusèrent avec encore plus d'espoir lorsque le pan du mur est s'effondra dans un grand fracas.
Couverts de terre et de gravas Kenji et Kareen se redressèrent dans l'espace encore réduit, la lampe était couverte désormais mais à certains endroit la lumière diffuse de l'aube passait au travers de la couverture de terre et de débris. Un cri s'éleva des décombres et quand les M.S.E., et l'équipe de secours retirèrent la dernière couche de terre retenue par les poutre de la maison ils découvrirent une jeune fille tétanisée par la peur et un jeune homme ... Le cadavre d'une femme dans les bras, le corps de sa mère...

AD 2165

Après cette histoire ... J'ai vécu des années difficiles si il en est ! Mon père et moi étions abattus et nous ne nous parlions plus, chacun prenant sur lui sa souffrance. Ma mère fût enterrée dans la vallée dans un petit cimetière réservé aux 23 victimes de cette catastrophe situé sur le flanc opposé de la coulée. L'endroit était agréable ... Un beau mémorial avec les noms des victimes trônait au centre de cet espace fleuri. Aujourd'hui encore je m'y rends parfois même si le temps aidant il n'est plus guère entretenu que par quelques locaux attachés à la funeste célébrité que la catastrophe a apportée à leur village.

Je suis rentré à l'internat de l'école militaire, mon père renvoya le domestique que nous avions alors et la maison n'était occupée que pendant les vacances où je rentrai ... Souvent seul car mon père n'y mettait plus guère les pieds, dormant au bureau de la fédération et se noyant dans le travail.
Moi j'ai gardé mes amis, même si je ne leur disait rien de ma situation en fait j'affichai un sourire de façade mais j'étais vide, je n'avais plus envie de rien et je faisais les choses par automatisme.

J'avais toujours de bons résultats à l'académie, et avec l'âge mon corps se développait vite et bien mais au niveau de l'esprit j'étais rarement à ce que je faisais. Kareen se comportait comme une vraie amie se comporterait dans cette situation ... Bref elle me saoûlait à toujours s'occuper de moi et se préoccuper de mon état d'esprit. Je crois qu'elle n'était pas dupe de mes sourires et était vraiment triste pour moi, cependant je pris mes distances avec elle autant que possible sans cesser de la voir.

Le temps passa ainsi jusqu'à mes 16 ans

En 2152 mon père tomba malade, la surcharge de travail, le manque de sommeil, une dépression prolongée ... cela entraina de nombreux ulcères, une hausse de la tension nerveuse et au final une attaque cérébrale ...

A.D. 2152

La moto fonçait à toute vitesse dans les rues de la capitale. L'engin, fruit de la toute nouvelle technologie de pointe et légèrement modifiée par son propriétaire, devait bien approcher des 400km/h effrayant les passants et les usagers de la route, doublant sans ralentir la nombreuse file de véhicules familiaux.
Le pilote était encore vêtu de son uniforme scolaire, celui de l'académie militaire fédérale, dont la veste claquait derrière lui.
Bifurquant une nouvelle fois au coin d'une voie d'accès à quatre bandes, le véhicule prit encore de la vitesse jusqu'à arriver dans un espace plus dégagé d'immeubles. Enfin il ralentit et donna un brusque coup de frein tandis que la moto glissait dans un bruit d'enfer jusqu'aux marches de l'hôpital.
Le pilote ôta son casque, ses cheveux noirs coupés cours étaient trempés de sueur et son regard anxieux, l'adrénaline rendait encore ses idées claire et le jeune homme avait encore en tête les mots de son professeur principal...
- "Ton père a fait une attaque Kenji ... Il est à l'hôpital militaire ..."

Avant qu'elle n'ai eu le temps de le dispenser de cours Kenji était déjà sur sa moto en quittant l'enceinte de l'école sous les yeux médusés des gardes de l'entrée.

A présent il parcourait le vaste hall d' acceuil de l'hôpital jusqu'au comptoir où il héla une secrétaire médicale.

- "Mon père a été amené ici , le capitaine Hijikata , Hijikata Kentaro ... Pour une attaque !"
La secrétaire le regarda un instant l'air sceptique, ce jeune homme débraillé serait le fils d'un capitaine ? Puis avisant son grade de cadet et son uniforme elle prit un sourire qu'elle voulait rassurant, celui qu'elle servait à longueur de journée.
- "Il a été admis aux urgences ... Rez-de-chaussée troisième couloir première porte à gauche ... Chambre 117."

Kenji se précipita en prenant bien garde de ne bousculer aucun malade ... L'hôpital militaire n'était pas le plus grand de Anjing mais il était certainement le plus performant en terme de technologie médicale.
Arrivé devant la chambre 117 il n'hésita pas et franchi la porte brusquement. Son père était là, mal de sa personne, il ne semblait pas avoir le moindre signe de vie sur son visage ... Jusqu'à ce que ses traits cireux se détendirent lorsqu'il reconnut son fils. Ils se sourirent un instant tandis que Kenji prenait un siège.

- "Vous m'avez fait une belle peur Capitaine ..."
- "Hum ... Je suis fait d'un bois plus dur qu'il n'y paraît."
Son sourire quitta à grand peine son visage lorsqu'il poursuivit. "Je suis désolé de t'avoir inquiété.
Ne vous excusez pas Capitaine ..."

Le silence tomba et avec lui une ombre ... Ils ne s'étaient presque pas adressés la parole depuis la mort de Vivianne ... A peine se parlaient t'ils lors des anniversaires quand cela arrivait. Depuis un an ils échangeaient des banalités mais un fossé c'était créé entre eux.
Kenji se culpabilisait de la mort de sa mère, Kentaro quand à lui souffrait en silence en essayant de se montrer digne et bien de lui même. Au final les deux hommes se ressemblaient beaucoup.

Les minutes s'écoulèrent dans un silence de plomb qui convenait à chacun, puis bientôt un médecin se présenta à la chambre porteur des derniers résultats médicaux.
Le médecin semblait expérimenté au contraire de ses aides médicales qui étaient sûrement intimidées d'avoir à faire à pareil parti ... Le Capitaine Hijikata était l'un des piliers de l'armée fédérale et un homme aussi intimidant que ce soit humainement possible.

- "Capitaine." Dit-il alors! "Je suis désolé mais il va vous falloir passer quelques examens ainsi qu'un scanner. Je pense qu'il serait judicieux de nous y mettre sans tarder si vous nous y autorisé."

L'officier supérieur acquiessa, il tenta de se lever mais en un instant le médecin fût sur lui et les assistantes apportèrent une chaise roulante sur laquelle il ne s'assit qu'à contre-coeur, et Kenji n'osa le regarder dans cet état ... La fierté était son plus grand trait de caractère et ce n'est que son éducation de soldat qui le poussait à ne pas défier le médecin sur ce fait.

Kenji resta seul longtemps, quand il revint dans la chambre son père dormait et le médecin l'invita à rentrer chez lui afin qu'il ne dérange pas les soins. Lorsqu'ils se retrouvèrent dans le couloir Kenji n'y tint plus.
- "Alors docteur ? Qu'en est-il ?"
-"Hum ... Je crois pour ce que j'en ai vu que vous êtes capable d'encaisser la nouvelle ...."
-" De quelle nouvelle parlez vous ? Qu'y a t-il ?"
- "Je crains que votre père ne se retrouve paralysé au niveau des membres inférieurs ...." ( Kenji crut défaillir, et la suite ne l'aida pas ). "Le rapport médical que je devrai rendre risque aussi de remettre en question sa place au sein du commandement."
- "Mais ... Ce n'est pas possible, c'est toute sa vie ... Vous ne pouvez pas lui enlever ça !!!"
- "Il gardera son grade! Lui répondit le médecin. Mais il va être démobilisé... Il pourrait avoir une attaque n'importe quand, il ne peut plus avoir de responsabilité ... Je compte sur vous pour lui annoncer la nouvelle demain lorsqu'il se réveillera. Auriez vous l'obligeance d'en informer madame votre mère?"
- "Elle est morte il y a trois ans ..."
- "Ah ... Je suis désolé !"
( Il ne semblait pas désolé du tout, en fait tout cela ne l'intéressait pas plus que ça ... Sinon la perspective d'une restructuration au coeur du commandement de l'armée fédérale ).

Kenji n'avait pas le coeur de rentrer à l'internat ... Avant même qu'il ne s'en rende compte il était déjà hors de la ville. Il s'arrêta non loin d'une station service sur une route secondaire et rechargea sa moto sans vraiment y penser puis reprit la route, et toute la nuit il roula autour d'Anjing puis dans les petites rues sans but précis. Vers 9 heures du matin il retourna à l'hôpital pour voir son père.
Il en fût ainsi pendant trois jours ... Il passait la matinée et le début de l'après midi avec son père ... Parlant de tout et de rien mais surtout de Vivianne. Puis ensuite il dormait quelques heures avant de rouler toute la nuit et parfois chercher la bagarre avec quelques voyous traînants ici et là. Pas une fois il ne contacta l'académie ni ses amis, en réalité il avait bloqué tous les appels sur son téléphone portable à l'exception de ceux de l'hôpital.
Le quatrième jour ils ramenèrent son père chez lui vers son nouveau quotidien .. Il avait reçut la veille une invitation à laisser ses fonctions vacances. Et dès qu'il fut à la maison une plétore d'officiers passèrent pour vérifier les dossiers en cours.
Cela dura une semaine et puis ... Plus rien, plus une visite ni même un coup de fil où un e-mail. Au début mon père s'oublia dans les émulateurs de stratégie sur ordinateur puis dans ses livres ... Et quand revint l'été trois mois après son attaque, le capitaine Hijikata mit fint à ses jours.

Kenji n'allait plus qu'occasionnellement en cours bien qu'il ai reprit contact avec ses amis. Il n'avait plus très envie de se retrouver dans cette ambiance militaire, d'autant que bien qu'il y soit inscrit avec le nom de sa mère la plupart des professeurs ( tous officiers au sein de l'armée ) connaissaient son père et sa situation actuelle si bien qu'il ne voulait pas confronter ses nerfs souvent mis à vifs. Peu auraient reconnus Kenji alors ... Il avait beaucoup maigri et pris une dizaine de centimètres en peu de temps si bien qu'il avait l'air plus élancé que jamais et l'impression était encore accentuée par une chevelure longue et bataillée qui disputait à chaque trait de son visage.

Une nuit il fut réveillé par une détonation bruyante .... Un coup de feu !
Tandis qu'il se précipitait armé d'un railgun 65 de service de l'armée fédérale il parcourut chaque pièce de la maison jusqu'au bureau de son père.
Des larmes montèrent à ses yeux tandis qu'il avisait le corps de celui-ci gisant sur le sol non loin de sa chaise roulante. A l'évidence il avait voulu se lever afin de combattre son propre état et ... Dans son désespoir de n'y parvenir il avait mit fin à ses jours en s'explosant le crâne ... Kenji avisa la matière cérébrale répendue dans toute la pièce et ne put supporter que son père soit à nouveau privé de sa dignité .... Il rassembla autant de morceaux que possible près du cadavre puis enroula celui-çi dans la couverture nuptiale de ses parents que son père chérissait par dessus tout.
Prenant la voiture de sa mère qui n'avait pas quitté le garage depuis sa mort il transporta le corps de son défunt père par delà Anjing et les limites de la ville ... Durant six heures il roula sans s'arrêter jusqu'à un petit cimetière perdu dans la montagne.
Là de ses propres mains il ouvrit le tombeau de sa mère. Sur le petit cercueil de chêne blanc il posa le corps de son père toujours enroulé dans la couverture puis il renferma le tombeau et posa dessus une boite contenant les uniformes de cérémonie de son père et de sa mère.

AD 2165

Je n'ai jamais déclaré la mort de mon père ... Deux semaines après l'incident j'ai déclaré sa disparition. Il y eut une enquête bien sûr mais j'étais suffisamment efficace pour avoir effacé toutes les preuves. J'avais refait entièrement le bureau de mon père comme nous l'avions prévu ensemble des années plus tôt ... Tout le nécessaire était dans le garage ... Suffisamment défraichi pour qu'une fois installé on puisse croire qu'il datait de plusieurs mois.
L'enquête fût classée sans suite ... Et tous les biens de la famille placés à ma charge le jour de mes 17 ans. J'ai tout vendu ou envoyé à la soeur de ma mère pour les biens de la famille  Von Nachtfield.

J'ai totalement quitté l'académie militaire et après avoir prit un appartement sur le campus  de l'edelweiss Academy, avant la fin de l'été j'ai passé les examens d'entrée de l'école d'ingénierie... Les années se sont lentement écoulées jusqu'en 2157 .... J'avais alors 21 ans et j'étais reconnu comme un expert en robotique. Mon champ d'action ? Les Mobile suit ... J'étais diplômé depuis peu et déjà l'on me proposait une place dans l'équipe de développement en technologie expérimentale de l'armée fédérale. Bientôt je me mis à concevoir des prototypes de Mobile Suit... C'est ainsi que j'ai retrouvé Kareen. Elle était devenue pilote d'essai et adjudant... Je l'ai reconnue du premiers coup d'oeil et des sentiments dont je n'avais plus conscience depuis longtemps naquirent en moi .... Dieux qu'elle était belle, Ses cheveux plus longs qu'autrefois, libérés des règles de l'académie mais pas du pratique de l'habitacle d'un Mobile suit, tiraient plus vers le blond que le roux -brun de jadis. Sa silhouette bien plus féminine et musclée que l'adolescente délurée dont j'avais le souvenir ... Mais son visage et ses yeux étaient les mêmes. Durant un temps je me suis caché à elle, mais cela me faisait bizarre de la voir piloter des Rebirth que j'avais conçu où essayer de nouvelles technologies pour ceux-çi ... Alors, était-ce un moyen d'exprimer ces fameux sentiments? Alors je me suis donné à fond dans le travail .... Je bossais sur un nouveau type d'habitacle et le projet stagnait depuis un moment ... Je l'ai construit autour d'elle pour qu'il lui soit le plus agréable et le plus pratique possible. J'ai bouclé en un mois une année de boulot. Bien sûr elle finit par se rendre compte que parmi l'équipe des ingénieurs se trouvait un certain Hijikata Kenji ... Ouah ... Je peux vous dire qu'une fille qui exprime cinq ans d'inquiétude et d'anxiété le tout surmonté d'un peu de rage et bien ça fait peur et ... plutôt mal.

Tandis que j'essuyais le sang qui me coulait du nez et qu'elle martelait mon torse de coups de poing je bredouillais des excuses.

"- Je suis désolé Kareen, je ne voulais pas ... Je ne pouvais pas faire autrement ..."
"- As-tu pensé à nous ????" S'écria t'elle ! "On s'est tous demandé ce que tu devenais ... Kelvin est aux renseignements alors il a pu nous dire que tu étais en vie ... Mais il n'y avait rien sur ton dossier .... Comme ton père a disparu on a cru ... On a cru que tu étais mort pendant des années salaud !!"
- J"e suis désolé ... J'ai souvent voulu vous appeler où passer vous voir mais je n'osai pas ... Je me disais qu'il était trop tard."
- "Ça fait deux mois que je bosse ici ! Ça aurait été trop dur de venir me faire un petit signe genre salut je suis en vie ???"
- "Dur oui ... Et plutôt bizarre aussi ..."
- "Tu n'as pas changé." Son ton était plus calme et à présent des larmes se présentaient bien qu'elle tente de les contenir. "Tu es resté le même idiot !"
-"Ça se peut ouais ..." J'étais mal à l'aise devant les larmes, plus encore que lorsqu'elle est rentrée dans le laboratoire de recherche en priant les ingénieurs de dégager le plancher tout en dardant un regard furieux sur moi.  "Mais ça ne se fait pas de traiter son supérieur d'idiot."
- "Supérieur ? Tu ...."

- "Lieutenant Kareen Moon vous vous adressez au responsable de la septième équipe de recherche militaire en Mobile Suit Rebirth dont vous êtes l'un des pilotes d'essai. Comprenez vous ce que cela implique ? Mon ton était froid et formel, parfaite imitation de celui du capitaine Hijikata!"

Kareen resta interdite, elle ne comprenait pas ce changement de ton mais elle savait que sa place était en jeu aussi elle se prépara à se confondre en excuse quand elle surpris le sourire familier ...

- J'ai gagné le pari, je suis mieux placé que toi en début de carrière !!!
Kareen sourit au souvenir de leur pari d'enfance, ils avaient conclu ce pacte alors qu'ils avaient dix ans mais Kenji ne semblait pas se souvenir de tous les termes.

"- Le pari c'était entre toi et Toshiro idiot ... Et tu te souviens de l'enjeu ?"
- "Non ... J'ai oublié je crois !" Répondis-je
- "Ma main !"

Gêné je me grattait l'arrière du crane, j'avais en effet oublié ce détail ...

- "Je ne peux pas épouser une furie comme ça !" Dis-je en montrant mon visage maculé de sang... Gênée elle piqua du fard ! j'eus soudain très chaud. "Mais je peux l'inviter à dîner ? Je crois que j'ai des choses à me faire pardonner..."

Finalement ce dîner se transforma en retrouvailles car Naoko , Kelvin et Toshiro nous rejoignirent ... Après un instant de gène ce fût comme aux temps passés, nous parlâmes de nos vies respectives, j'étais surpris d'apprendre que Toshiro avait changé de bord ... Il servait au commandement comme aide de camps, il vivait avec son compagnon dans un appart' du quartier commercial.
Naoko n'avait personne dans sa vie, pas plus que Kelvin d'ailleurs ... Par contre mon coeur se sera lorsque j'appris que Kareen s'était fiancée avec un pilote de sa promotion d'origine sud européenne, Louis Serkos.

L'année qui s'écoula fût l'une des plus heureuse de ma vie ... Par respect pour Kareen j'ai fait taire mes sentiments, par contre Louis ayant appris ma résurrection, il n'avait de cesse de passer à notre service pour voire sa fiancée. Notre relation était stricte et formelle mais je n'aimais pas beaucoup ce type ... Il me semblait malsain. Un jour j'ai eu du mal à me retenir de lui casser la figure lorsqu'il fit un commentaire sur mon projet de nouveau cockpit éjectable, insinuant qu'il ne menait à rien. Pour le reste, je voyais mes amis plutôt souvent et nous passions du bon temps ... Jusqu'au sept octobre de l'année 2160, ce jour là où plutôt cette nuit là j'ai rêvé pour la première fois de ma vie.

Je ne me souviens plus très bien de ce à quoi j'ai rêvé, mais je me souviens avoir eu conscience que ce n'était pas normal. Je crois lorsque je m'essore le cerveau avoir rêvé de cette montagne et de cet éboulement plus je m'efforce de me souvenir plus j'ai l'impression qu'il m'échappe. Quoi qu'il en soit au matin j'ai réalisé que quelque chose n'était pas normal.... Toute la journée je me suis senti fatigué, je n'avais pas la tête à mes projets et j'ai évité la soirée avec mes amis. Une fois rentré dans mon appartement j'ai eu à peine le temps de prendre mon Daybreak et une douche que je suis presque tombé de sommeil dans le salon. Cette nuit là j'ai rêvé encore une fois et la nuit d'après encore ... Chaque jour j'étais encore plus fatigué et affaibli car je n'avais même pas la force de manger...
Le 11 octobre j'ai téléphoné a l'hôpital militaire pour demander un avis médical ... Lorsque j'ai décris les symptômes, j'ai senti une gêne étrange au téléphone .... C'est alors que le médecin me demanda si j'avais pris mon Daybreak ... C'est alors que j'ai compris...

Je me suis précipité dans la salle de bain, tentant de rassembler mes souvenirs ... Le Six octobre Kareen et Louis étaient venus manger chez moi avec Naoko. Pour l'occasion j'avais passer des heures à préparer des sushis avec le meilleur poisson de la ville ( de mes virées en moto qui ont durées des années je me suis fait pas mal de connaissances et de relations plutôt pratique quand il faut aller chercher des ingrédients avant l'ouverture des marchés où trouver du matériel informatique au black ) et évidemment Louis avait prétendu en être malade, je me souviens qu'il avait passer un bon moment dans la salle de bain.
Me saisissant de ma boite de Daybreak je vidais les pilules dans l'évier ... Sur le coup je ne m'en étais pas rendu compte mais elles me semblaient plus légères que de normal.

L'enfoiré .... Le virus ...

J'étais persuadé d'être contaminé par le virus DAÏ, et que l'armée n'allait pas tarder à me mettre en quarantaine, mais il n'était pas question de me faire isoler pendant que ce salaud de Louis mènerait la grande vie.
Alors j'ai sauté dans l'escalier et une fois encore je foutais le camp en moto à pleine vitesse. L'adrénaline me permis de garder les idées claires ... Enfin j'ai grandement douté de ma santé mentale lorsqu'à 40 bornes de la ville je me suis vu complètement nu l'air hagard couvert de sang et limite en manque.

C'est alors que je me suis planté, la chute a été dure ... Et j'ai cru m'évanouir, heureusement ma chute a été ralentie grâce à une mare d'eau puante et j'ai gardé conscience tandis que je me suis hissé péniblement hors de l'eau.
Je me suis assis contre un arbre, avisant les débris de ma moto éparpillés sur des dizaines de mètres. Jusqu'à la route l'herbe et les buissons étaient arrachés, témoignage de la violence de la chute.

Il était là, descendant de la route comme attiré vers moi ... Un instant je restai interdit et fasciné... Puis un frisson parcouru mon échine et mon corps endolori me pressa de bouger. Je couru alors aussi vite que possible, frayant un chemin à travers le petit bois ... J'avais souvent parcouru la région autour d'Anjing et je savais que de l'autre coté se trouvait la N112 qui liait le centre ville et une petite cité balnéaire à une centaine de kilomètres de là.
Mon double sur les talons je n'ai eu de cesse de le distancer... Lorsqu'enfin je parvint en vue de la route j'entendis un cri de rage et de frustration qui m'arrêta net ... l'un de mes rêves me revint en mémoire, mes amis coincés sous une maison effondrée et moi impuissant assistant à la scène et hurlant comme j'avais hurlé lorsque j'ai découvert le cadavre de ma mère.

* Cette chose a la même voix que moi et ... Elle me veut !!! *

J'avais l'impression de devenir fou, j'ai couru sur la BA jusqu'à une station service 2 kilomètres plus loin ... J'étais crevé tant physiquement que mentalement alors je me suis précipité dans le coin pharmacie et je me suis acheté des ampoules d'adrénaline ... Au vu de mon air débraillé et de mes blessures dues à l'accident ( que je ne sentais pas encore) le vendeur me conseilla plutôt de prendre de la morphine et d'appeler les secours.
J'hésitais ....

* Si j'appelle une ambulance je pourrai être vite au centre-ville et ... Soigné ! *

J'étais sûr alors que ces hallucinations étaient le premier symptôme du virus DAÏ aussi je me suis saisi des ampoules et éloigné du vendeur que je ne voulais pas contaminer.
Sans me rendre compte de ce que je faisais j'ai volé une voiture à un pauvre gars qui faisait le plein sur la route des vacances ... Bien m'en prit alors car mon double hallucinatoire arrivait à proximité de la station service.
Tout en roulant je m'injectai la première ampoule, dépassant allégrement les limitations de vitesse je fus surpris de ne pas voir de barrage routier pour m'arrêter avant d'arriver à Anjing... D'habitude la police était très efficace près de la capitale et ils n'hésitaient pas à recourir à leurs Mobile Suit troisième génération pour arrêter les fous du volant.

Une fois en ville je ne su quoi faire alors je tournai en rond encore et encore ... Finalement j'ai laissé la voiture sur un parking public du campus universitaire où elle serait vite retrouvée et évitant soigneusement les caméras de surveillance je me suis dirigé vers un café de ma connaissance sur London Street pour me reposer un peu.
L'endroit était peu fréquenté, n'était-ce le patron et trois étudiants qui venaient là finir la soirée au calme. Moi aussi lorsque j'étais étudiant à l'Edelweiss j'étais presque un habitué des lieux que j'appréciaient pour leur tranquillité et l'ambiance.
Après avoir commandé un café très serré je me suis précipité aux toilettes pour me rafraichir un peu, j'hésitais à passer à mon appartement pour prendre quelques vêtements de rechange mais finalement je chassais l'idée de mon esprit, les services sanitaires de l'armée seraient déjà sur place à coup sûr.

C'est alors que la télévision diffusa un flash spécial ... Un homme nu avait massacré trois personnes dans une station service de la N112 deux heures plus tôt. Recoupant les témoignages la police avait établis que le même homme simulant des blessures avait repéré les lieux un peu plus tôt et s'était enfuis à bord d'un véhicule volé avant de revenir commettre son crime.

Regardant la présentatrice d'un air perplexe je compris alors que mon double n'était pas une illusion, où alors le monde se liguait contre moi pour me faire perdre la tête.

Bordel de .... C'est quoi cette folie ??? m'écriai-je alors sous le regard étonné des autres clients, croyant que je parlai du massacre ils acquiessèrent alors en silence tandis que je me précipitai vers la sortie en laissant un généreux billet sur la table.

Sautant dans le premier monorail venu en direction du quartier industriel il ne me fallu qu'un quart d'heure pour arriver non loin du laboratoire de développement en robotique.
Après avoir passé les six contrôles de routine je rejoignis ma section, l'aube allait bientôt pointer à l'horizon tandis que j'équipais mon dernier prototype d'une batterie d'énergie supplémentaire...

Quelques instants plus tard j'étais à bord d'un rebirth sixième génération lourdement armé  qui se précipitait sur la N112.
Il ne fallu pas longtemps pour que d'autres appareils me prirent en chasse, mais je n'avais qu'une seule idée ... Exploser cette saloperie qui se faisait passer pour moi.
Mon radar m'avertit que les rebirths de la force d'intervention approchaient à pleine vitesse, ils devaient être embarqués sur un avion de largage et ils m'auraient vite encerclés et rattrapé...
Trois minutes plus tard je retrouvais mon double encore une fois ... Il semblait attiré par moi comme un aimant ... Je contemplais une dernière fois cette expression affamée sur mon visage avant de tirer. Une batterie de douze roquettes fut décochée en une fraction de seconde, le corps de la chose vola en éclat tandis que je m'acharnais à piétiner les morceaux de peur qu'il ne revienne.

Largués juste au dessus de moi les rebirths intervinrent efficacement en bloquant les mouvements de mon appareil. J'hésitais par réflexe à activer ma défense physique ( un courant de radiation partant des jambes du rebirth jusqu'à la tête qui, en théorie, devrait suffire à faire lâcher prise à la plupart des Mobile Suit. ) mais je n'en fît rien ... Autant en finir me suis-je dit alors.

Quelques instants plus tard je quittais volontairement ma machine après avoir activé le verrouillage de sécurité. Placé en état d'arrestation, je tombais dans le sommeil, respectant les consignes de sécurité les commandos me forcèrent à avaler une gellule de Daybreak ... Puis ce fût le néant....
A mon réveil j'étais placé au secret, nul doute que le légiste avait sauté au plafond en découvrant que les morceaux de corps m'appartenaient ... Enfin je suppose, sur le coup je pensais surtout que le vol d'un prototype militaire et une contamination au DAÏ suffisaient... Je passais deux jours dans une chambre de soin sans voir ni infirmier, ni médecins, ni gardes ...

A la place c'est un homme plutôt âgé et bien fait de sa personne qui se présenta à moi, j'avais un peu perdu le compte des dates mais je crois que c'était le 15 octobre, l'homme était vêtu d'un costume et était porteur d'un badge gouvernemental. Il m'expliqua bien des choses que mon cerveau fatigué avait du mal à comprendre, des choses à propos d'expériences, de rêves qui se mélangeaient à la réalité et de doubles meurtriers qui perturbaient l'équilibre du monde ... Enfin il me parla de chasseurs spécialisés dans la traque de ces rêves et de ces doubles ... Et il me fit une offre très claire. Devenir un de ces chasseurs où simplement disparaître.

Je pris quelques jours pour me décider ... Car il avait été clair, choisir cette voie c'était renoncer à presque tout ... A commencer par mon nom et mon identité, mes amis ensuite et ma vie passée.
A tout bien réfléchir je fini par accepter son offre, la seule chose qui me resta sur le cœur c'était d'abandonner à nouveau mes amis, mais ils s'y feraient... Mon contact m'assura alors qu'il me ferait mourir socialement, victime du virus DAÏ et que mes amis l'apprendraient lorsqu'ils subiront quelques examens de routine. J'acceptais ces conditions mais y posait néanmoins la mienne ... Que Louis Serkos soit arrêté pour m'avoir substitué mon Daybreak volontairement et avoir causé ma mort.
Si je devais mourir socialement ... Autant qu'il ne l'emporte pas au paradis.
L'homme m'assura qu'il en était déjà question, car un homme qui faisait si peu cas du daybreak était un danger pour l'équilibre des choses.

Ainsi commença ma vie de Dream Hunter ... Il y a plus de Six ans de cela aujourd'hui, j'ai passé un an en Angleterre à bosser dans un autre laboratoire et a suivre une formation de chasseur ( qui consistait en gros à me booster un peu physiquement et mentalement ) tout en donnant vie à ma nouvelle identité, je suis retourné à Anjing il y a cinq ans sous le nom de Susumu Daïdoro, de jour je travaille comme simple ingénieur sur Mobile Suit ( bien qu'il m'arrive de concevoir de nouveaux projets spéciaux pour le plaisir ) et la nuit j'opère comme Dream Hunter dans le Nord d'Anjing ... Il ne me reste plus beaucoup de temps à vivre, et j'espère encore trouver un rêve dans lequel m'oublier pour de bon.

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01 octobre 2010

Halker

Encore du vieux, je suis désolé je ressors mes fonds de dossiers là. Mais voyez vous je suis étudiant en Histoire et je suis en plein dans la rédaction de mon mémoire. De fait je n'ai pas trop le temps d'écrire autre chose pour le moment mais gardez patience mes amis, ça viendra !

Bon pour ce personnage faut connaître un peu l'univers des royaumes oubliés, un univers de jeu de rôle et de donjons et dragons plutôt sympa. Il y a pas mal de romans aussi, dont la figure la plus connue est celle de Drizzt do urden, l'elfe noir renégat. Je vous conseille de les lire si vous avez l'occasion de vous les procurer.

Ce perso est simple, bourrin et limite stéréotypé .... J'avais envie de faire un personnage moins "torturé" que d'habitude, une bonne bouffée de testostérone ne fait pas de mal de temps en temps. De fait le style est simple aussi, pas très recherché. L'idée était de présenter Halker et d'aller à l'essentiel.

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Dans les contrées du mitan occidental se tient la ville d'Asbravn, c'est le marché des fermiers de la vallée du couchant, une agglomération fortifiée d'environ 6000 habitants. Souvent soumise aux attaques venant de sombrefort, la petite cité peut compter sur une garde bien entrainée et les « capes rouges » d'anciens aventuriers et mercenaires à la retraite qui coulent des jours tranquille.

C'est également dans cette ville qu'est né Halker. Son géniteur était mort avant sa naissance et sa mère, une jeune magicienne versée dans l'alchimie a décidée de mettre fin à sa vie d'aventurière en s'installant à Asbravn. Elle exerçait le métier d'alchimiste et d'herboriste, évidemment elle ne croulait pas sous l'or mais elle ne manquait de rien.

Les premières années de sa vie, Halker les passa dans l'atelier de sa mère, c'était un enfant sage et curieux, il apprit à lire rapidement mais Elkina, sa mère, n'avait pas beaucoup de temps pour l'élever. Lorsqu'elle partait distribuer ses onguents dans les fermes et collecter des herbes dans le bois accessible où dans les montagnes du couchant, elle laissait Halker aux soins de Jalvan. Ce nain, issu lui aussi des montagnes, s'était installé en ville des années auparavant désireux de servir d'ambassadeur pour son peuple et de faire fructifier son commerce. Et en commerce il s'y entendait, certes pas autant que dans l'art de la forge.

Il n'avait pas son pareil pour construire les objets du quotidien dans un bon acier, il ferrait les chevaux et fabriquait clous et aiguilles, parfois aussi il entretenait les armes que chaque habitant possédait ( les fermiers devaient souvent défendre leurs fermes contre des raids de gobelins où de gnolls. )


A huit ans, Halker était le plus grand et le plus fort des garçons de son âge, soit une vingtaine dans la ville. Il passait beaucoup de temps avec deux autres garçons et deux filles, Gelvin, Louis, Elise et Mahia. C'était une belle bande d'amis, bien sûr il y avait des disputes mais ça ne durait jamais longtemps. Ils passaient beaucoup de temps dans leur cachette, dans les catacombes de la ville.

Il faut dire qu'Asbravn est construite sur un réseau considérable de catacombes, mais jamais aucun mort vivant n'y fut repéré, c'était un terrain de jeux idéal et bien des trésors y dorment encore.

Les enfants avaient trouvé un couloir partant d'un vieux caveau innocupé, il menait à une vieille chambre funéraire à 100m de là. Il leur arrivait parfois de se battre contre d'autres enfants pour l'occupation des lieux, mais Halker était doué.

Il devenait de plus en plus fort, étant devenu l'apprenti de Jalvan il passait ses matinées et ses soirées auprès de l'aimable nain à l'aider en forge. Bien sûr ses amis commençaient différents apprentissages eux aussi, l'après midi étant souvent réservé aux jeux.

Gelvin travaillait comme apprenti menuisier, Louis apprenait le commerce auprès de son père, Elise était formée comme dame de compagnie et Mahia aidait à l'auberge locale en fin de matinée et en début de soirée.

Le temps s'écoula, jusqu'à ce qu'ils eurent douze ans...

L'adolescence est une période étrange, dans les royaumes oubliés elle ne dure guère car il faut vite grandir.

On était au coeur de l'hiver, la ville était en effervescence car des Gnolls avaient dirigés plusieurs attaques sur des fermes non loin qu'Asbravn. Les créatures à face de chiens étaient sûrement poussés par la faim. Les jeunes gens avaient pour la plupart beaucoup de travail, et ça faisait un moment qu'ils ne s'étaient pas retrouvés dans leur cache, aménagée depuis peu avec des coussins.

Ils discutaient avec passion de ce qui secouait la ville, mais aussi de leur avenir car au printemps certains quitteraient la ville pour de bon.

En effet, Elise que sa mère avait préparée à intégrer la haute société partirait pour la porte de baldur où la fille d'un duc l'emploierait comme demoiselle de compagnie et camériste. Halker et Mahia fustigeaient la mère d'Elise, une femme aigrie et solitaire qui compte sur l'argent plus que tout.

Ils en étaient à ce stade de la discussion lorsqu'ils entendirent des grattements non loin. Derrière un mur qu'ils croyaient plein, des pattes griffues sondaient le mur, les jeunes gens se turent... Puis soudain un bruit sourd retentit, un coup de bélier contre le mur de gauche, puis encore un autre. Ils eurent à peine le temps de rejoindre le couloir lorsque la paroi s'effondra, révélant deux Gnolls tenant un lourd bélier à tête d'acier. Sans demander leur reste Halker et ses amis prirent la fuite. Mais les gnolls réagirent vite, de toute évidence ils espéraient piller les entrepôts de la ville sans se faire repérer et ces jeunes humains risquaient de donner l'alerte.

Poussant un aboiement de chien horriblement déformé, un troisième individu ouvrit la chasse et ils rejoignirent les enfants à mi-parcours.

Halker , qui fermait la marche, reçut un coup de gourdin qui le fit trébucher, entrainant Mahia dans sa chute. Les autres continuèrent leur fuite et tandis qu'un gnoll enjamba les deux enfants, Mahia le fit trébucher à son tour.

Les deux hommes chiens sortirent des lames acérées, bien décidés à éliminer les enfants avant de poursuivre les autres.

Halker ramassa le gourdin et tenta de se défendre. Il se débrouillait bien avec un gourdin, et l'espace exigu ne permettait pas aux gnolls de se battre de front. Halker tint bien le coup, assénant même un coup bien placé sur la patte de son opposant, malgré tout il n'avait pas l'entrainement de son adversaire, bientôt le cimeterre lui entailla profondément le bras et un monumental direct l'envoya à la renverse. Sonné il vit le Gnoll lever sa lame pour l'achever lorsqu'une pierre le heurta, éclatant son museau dans un craquement sourd. Furieux le deuxième Gnoll arma son javelot et se prépara à l'envoyer droit sur la jeune fille qui tremblait de tous ses membres.

Halker eut un réflexe, poussé par l'adrénaline il se jeta sur le monstre, mais il ne put le renverser, le Gnoll planta son arme dans le dos de son adversaire, avant de lui déchirer le visage de ses griffes, le renvoyant à terre.

Le monstre que Mahia avait assommé se releva, couvert de sang. Le regard embué, une forte odeur de sang dans le nez Halker envisagea les trois monstres et cru sa fin arrivée, il essayait de se relever mais son corps ne répondait pas, il cria à Mahia de fuir, il vit l'éclair d'une lame, le gnoll avec le cimeterre allait l'achever.

Soudain il y eu une explosion de lumière, les gnolls se couvrivrent le visage et Halker sentit une petite main le tirer. C'était Mahia qui s'efforcait de le sortir de là mais il était trop tard, déjà les monstres avaient repris leurs esprits... Lorsqu'une volée de flèches mit fin à leur vie. Louis et les autres avaient eut le temps de sortir du caveau en hurlant et il n'avait pas fallu plus de dix secondes à deux capes rouges se trouvant par là de rejoindre le couloir, ils se tenaient à 40 mètres de là, leurs arcs enchantés en main.

Halker sombra dans l'inconscience, et il ne s'éveilla que trois jours plus tard dans sa chambre. Ses plaies le brulaient mais elles étaient recouvertes d'onguents de toute sorte.

Lorsqu'il descendit les marches menant à l'atelier, ses bandages à moitié défait il aperçu sa mère en plein travail. Elle se précipita pour le serrer dans ses bras puis vérifia ses bandages, tandis qu'Halker lui demandait ce qui s'était passé. Elle lui fit un rapide résumé des évènements de ce jour là, c'était à Mahia qu'il devait la vie ... L'éclair lumineux venait d'elle, de toute évidence elle avait des talents d'ensorceleuse. Plus tard dans la journée, Halker échappa à la surveillance de sa mère pour rejoindre Mahia chez elle. Il la trouva en larmes, non dans sa chambre mais dans le parc non loin de l'auberge. Il s'approcha de la jeune fille un peu gêné.

- Salut Mahia ... Qu'est-ce qui ne va pas ?

La jeune fille se retourna, elle essuya ses larmes du revers de sa manche. Elle semblait vraiment mal en point et Halker en ressentit beaucoup d'inquiétude.

- Je vais bien ... T'en fais pas, et toi ? Comment vont tes blessures ?

- Oh ça va... Grâce à toi ! Mais pourquoi pleures-tu ?

Mahia se détourna tandis qu'Halker s'assit à côté d'elle, il détailla son amie du regard... Elle avait de longs cheveux blonds et un visage délicat, ses yeux verts étaient embués de larmes. De grande taille pour une fille, son travail à l'auberge et sa passion pour l'équitation lui avait donné une bonne musculature. Sa féminité naissante perturbait un peu Halker, Mahia avait toujours été un peu garçon manqué et il ne l'avait jamais vraiment considérée comme une fille jusque là.

- Je ne sais pas ... Ma mère n'aime pas ce que je fais je crois...

- Tu veux dire tes dons d'ensorceleuse ? Répondit Halker interloqué !

Mahia le regarda un peu gênée

- Elle n'aime pas la magie, elle dit que ça rend fou et dangereux.

Halker gratta sa tignasse blonde d'un air gêné, il avait grandit avec une mère magicienne alors il considérait la magie comme normale, surtout que dans le mitan les mages étaient répendus.

- Tu veux que ma mère aille lui parler ? Je sais qu'elle ne l'aime pas beaucoup mais elle pourra lui expliquer comment tu peux gérer tes talents non ?

Mahia acquiesa et ils allèrent tous deux voir Elkina, ils parlèrent longtemps de l'avenir, des possibilités de la jeune fille. Elkina lui expliqua qu'elle pouvait choisir de continuer sa vie sans rien changer, où apprendre à maitriser son propre potentiel avec un ensorceleur.

Six jours plus tard, Mahia partait enthousiaste pour une vie d'aventure... Halker avait le cœur brisé, il aurait aimé avoir l'assurance de la revoir.

Néanmoins il n'était pas question qu'elle ai une vie si passionnante, depuis cette histoire il était un peu en froid avec ses autres amis, il leur en voulait de leur lâcheté et depuis le départ d'Elise pour la porte de Baldur il ne restait que les garçons.

Hulker demanda à sa mère de rejoindre castelhavrard, un sanctuaire dédié à Tempus où il avait l'intention d'apprendre le métier des armes.

Elkina ne fût pas difficile à convaincre, et deux semaines plus tard Hulker se tenait devant la forteresse avec une lettre de recommandation de Jean Noiraile, un « cape rouge » qui avait été commandeur dans l'ordre de Tempus, et une trentaine de pièces d'or pour payer sa formation.


Castelhavrard se trouve entre Asbravn et Berdusk, c'est une petite forteresse aux murs solides. Elle est dirigée par le marquis Gelvran Derkion, un prêtre de tempus qui en a fait une académie militaire. La garnison d'une cinquantaine de soldats de l'armée de Berdusk patrouille entre Asbravn et Berdusk pour sécuriser la route.


Bientôt le jeune apprenti fût présenté au marquis, il s'agissait bien sûr d'une évaluation et Gelvran était un guerrier sage et avisé, il prit son temps pour estimer le potentiel d'Halker. Il faut dire que bon nombre de jeunes gens se présentaient à l'académie, mais pour un prêtre de Tempus la guerre est un art.

Le soir même, Hulker rejoignit son dortoir, vêtu d'une tunique brune et d'un pantalon de toile brun. Gelvran lui avait donné quatre ans de formation et il avait bien l'intention d'en profiter. Hulker savait qu'à la fin de cette formation il pourrait intégrer facilement une armée de métier, mais il ne pensait pas si loin.

Ses compagnons de dortoir lui firent bon acceuil, si les épreuves étaient compétitives la camaraderie primait entre les murs du château.

Chaque dortoir représentait une équipe, séparée par tranche d'âge. Et dès le lendemain l'entrainement commençait pour de bon.

Avant le déjeuner les jeunes gens durent courir pendant une dizaine de kilomètres et pratiquer des exercices physique, après manger ils avaient droit à deux heures de cours de stratégie avant de rejoindre la cour où ils apprenaient le maniement des armes. Après la pause de midi ils reprenaient des exercices physique puis à nouveau le combat jusqu'au crépuscule.

Deux fois par semaine ils avaient des cours d'équitation et durant la première année ils touchèrent à toute sorte d'arme pour les familiariser à tout ce qu'ils pourraient trouver sur un champ de bataille.

L'hiver s'avéra rude, le froid semblait passer au travers des murailles, et c'est à cette période qu'ils se familiarisèrent avec le port de différentes armures.


Au printemps, Halker eut la désagréable surprise de voir se présenter Gelvin comme apprenti, celui-çi jaloux de la chance de Halker avait fait des pieds et des mains pour rejoindre lui aussi l'académie et se présentait avec une lettre de recommandation et l'or nécessaire. Hélas il fut accepté, mais étant donné son retard il rejoignit une nouvelle équipe qui débutera sa formation la semaine suivante.

Halker faisait tout pour éviter de lui parler, et Gelvin en fit de même ... La distance avait creusé une véritable inimité entre les deux jeunes garçons.


En revanche avec ses compagnons de chambrée une vraie amitié naquit. Ils étaient tous si différents ... Falkan était un demi-elfe, habile au lancer de couteau et avec deux lames, il n'avait pas la condition physique de ses compagnons mais sa volonté était de fer. Queltar venait de la porte de Baldur, il rêvait de devenir chevalier mais n'avait pas la naissance pour y prétendre aussi espérait t'il rejoindre une armée de métier et s'y distinguer. Serto venait lui aussi de la porte, il était un peu empoté mais excellait au corps à corps.

Halker se révéla être un élève très doué, lors de sa troisième année tout le monde fût impressionné par sa condition physique et son aptitude aux armes.

A ce stade beaucoup se spécialisaient dans tel où tel style, c'est avec une épée bâtarde que le jeune homme se distinguait le mieux là où Falkan usait d'une épée courte et d'une dague, Queltar et Serto avaient tous les deux choisis de travailler l'épée longue et le bouclier, consacrant un moment au travail de la lance.

Halker aimait l'épée bâtarde, le sergent Olkin, un guerrier du temple, lui donna des cours particuliers trois heures par jours afin de lui apprendre les meilleures passe d'arme dans des affrontements violents. Le matin Halker travaillait à main nue, il avait réussit à transformer ses coups de poing en véritables armes.

Lors de sa dernière année, le quatuor participa à des patrouilles et fit à deux reprises l'expérience du combat réel lors d'un affrontement contre des pillards gobelins et plus tard contre des bandits.

Prendre une vie humaine par sa lame fut une autre expérience pour Halker, c'était d'une telle facilité ... il se résolut à ne pas faire usage de cette facilité sans vraie raison.

Dans sa dernière semaine à Castelhavrard, Halker observait Gelvin, qui commençait sa spécialisation ( épée longue et bouclier ). Ils ne s'étaient adressés la parole qu'une fois en trois ans et il s'agissait juste de faire passer un message d'une équipe à l'autre.

Son animosité ne s'était pas éteinte, Gelvin lui semblait lâche et faux, il s'en voulait de l'avoir jamais appelé son ami et se résolut à devenir meilleur que lui en tout point.

Les derniers jours filaient, le jeune apprenti avait fait ses preuves et bientôt le quatuor se sépara... Ils étaient tous désargentés et l'absence d'armes se faisait sentir. Ils avaient devinés que ce serait une sorte d'épreuve également, ils partaient de rien et devront faire leur preuve.

Avec les quelques monnaies qui leur restait ils s'offrirent un repas à l'auberge du village qu'ils n'avaient jamais fréquentés. En quatre ans d'entraînement ils avaient bien changés.

Puis chacun prit la route, Queltar et Serto rejoignaient Berdusk non loin de là, Falkan voulait rejoindre la porte de Baldur pour y trouver un travail puis espérait retrouver ses origines lors d'un passage à Evereska.

Halker, son sac sur l'épaule, retourna à Asbravn, résolut à passer une année à gagner sa vie et revoir sa mère avant de partit sur les routes. L'aventure coulait dans ses veines comme une drogue.

Il reprit son travail à la forge, avec un Jalvan vieillissant mais dont l'art avait atteint de nouveaux sommets. Sa mère fut heureuse de le revoir, Elkina trouvait qu'il ressemblait beaucoup à son père c'était un peu perturbant.

Halker ne négligea pas ses exercices, et il ne manqua pas de partenaires, les capes rouges étaient souvent heureux de se dérouiller un peu. Bien qu'ils fussent beaucoup plus expérimenté que le jeune homme, leurs conseils lui permirent de progresser. Le jeune guerrier était de plus en plus polyvalent, durant l'été il fit de beaux progrès un arc à la main.

Bientôt vint l'heure des adieux, Elkina ne le retint aucunement. Sa mère lui promit même un cadeau à son retour. Ses talents pour la magie avaient été considérablement sollicités et elle avait rejoint les capes rouges au printemps.

La première destination d'Halker furent les montagnes du couchant, il disposait d'une belle somme et avait décidé de s'offrir une épée bâtarde de bonne facture avant de partir à l'aventure.

C'est au printemps de sa dix-huitième année que le jeune guerrier se mit en route : Direction la porte de Baldur.

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07 octobre 2010

Keira

Eh on change de registre là, un personnage féminin pour une fois que j'ai créé dans l'univers d'Anima. Les persos féminins ne sont pas ma spécialité. Je compte sur vous pour me donner votre avis. Par contre niveau jeu j'ai eu des compliments grâce à ce perso, il a bien évolué et il me plaît.

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                                   Un nom ?


Je m'appelle Keira Adaïr, et ceci est l'histoire de ma vie... Une histoire liée à mon pays d'origine : Albéria.

Je suis née dans la famille Adaïr, une riche et noble famille de négociants basée à Grafthon le plus grand centre commercial d'Albéria et sa seule ouverture maritime. Mon père Arthurion Adaïr a fait prospérer les affaires de la famille jusqu'à faire de nous l'une des dix plus grandes familles de marchands d'Albéria.

J'ai été élevée comme une princesse, deuxième fille de la famille ma destinée était de faire un beau mariage, et à vrai dire durant mon enfance et mon adolescence l'idée me fit bien souvent rêver. Un précepteur venu du Saint Empire d'Abel m'enseigna les arts et les lettres, ma mère m'apprit à gérer une maisonnée et insista pour que j'apprenne à tenir des comptes.

Le soir, avec ma grande sœur Mirajaenne nous parlions rencontres merveilleuses et grand amour. Ma sœur avait quatre ans de plus que moi et nous étions presque inséparables jusqu'à ce qu'elle eut 14 ans... A cet âge là les jeunes filles étaient « présentées » à la bonne société à l'occasion du bal du printemps ( qui ouvrait traditionnellement les routes commerciales vers l'intérieur des terres ).

Les jeunes filles pouvaient ainsi être courtisées et tandis qu'enfermée avec mon précepteur j'étudiais, ma sœur recevait les attentions de nombreux jeunes gens de la fine fleur de la ville.


Puis vinrent les ennuis pour elle... Une riche famille en provenance d'Abel demanda la main de ma sœur à mes parents. Leur fils ainé âgé de 18 ans entretenait des sentiments pour Mirajaenne et pour les deux familles  le rapprochement serait intéressant.

Hélas nôtre famille n'est pas chrétienne... Nous respections les anciennes traditions Lilliums. « ce sont elles qui nous ont permis de vivre ici » disait mon père « nous ne renierons pas le serment de nos ancêtres aux esprits des forêts ».

Les Storion nous traitèrent d'hérétiques ... Et c'est ainsi que nôtre famille eut à subir des revers commerciaux avec les Storion.


                                  Au fond de mon âme ...


J'approchais à mon tour de mes quatorze ans, j'étais une jeune fille bien élevée et toujours un parti enviable de part mes lettres de noblesses et une dot non négligeable... C'était l'hiver, je le passait à Belfort la capitale d'Albéria chez la mère de mon père.

J'aimais beaucoup ma grand-mère, c'était une femme forte qui avait quelque chose de spécial... Jadis elle avait été une des seules nobles à suivre le prince royal Arthur Roy lors de sa réforme parlementaire, mais par dessus tout c'était une véritable érudite en matière de légendes d'Albéria... J'adorai écouter ses histoires sur les seigneurs des forêts, les antiques magies de la source des âmes, les bois enchantés qui entourent nôtre principauté et surtout j'adorai entendre parler de Sylvania la grande métropole fantôme issue des temps jadis.

Bien avant la fin de l'hiver cependant une lettre de mon père me priait de rentrer au plus vite à la maison.

Je ne l'ai su que plus tard mais il craignait que les Storion ne se soient arrangés avec un inquisiteur zelé aux méthodes très discutable pour qu'il ne mène une « enquête » sur ma famille.

Ma grand-mère prépara nos bagages, et le surlendemain nous quittions Belfort dans la voiture de ma grand-mère. Nous étions accompagnées du cocher ainsi que du valet de chambre de ma grand-mère et sa dame de compagnie, Guelta, bien plus âgée qu'elle.

Lorsque nous sommes arrivés en bordure de la forêt grise aucun d'entre nous n'osait s'exprimer à voix haute

de peur d'attirer les esprits qui, selon la légende enlèvent les voyageurs qui s'écartent du chemin.

Guelta nous raconta de nombreuses histoires et anecdotes sur ces mystérieuses disparition et la peur me prit au ventre. Bien que je prétendit le contraire au cocher avec l'arrogance d'une jeune fille de mon âge.

 

Le deuxième soir, tandis que nous campions prudemment j'avais besoin de m'isoler un instant et je m'éloignait un peu du groupe en prenant bien soin de rester sur le chemin.

Tandis que ma jupe se prit dans les ronces et que j'essayais de me dégager en paniquant une main lourde et poisseuse me bâillonna et je fus jetée à terre sans ménagement.

Bien sûr j'ai tenté de me débattre mais en moins d'une minute mes mains furent liées dans mon dos et un sac jeté sur ma tête.

Ainsi bâillonnée et ligotée un homme me jeta sur son épaule et mes assaillants m'emportèrent au loin du campement.

Ils devaient être trois bien qu'aujourd'hui encore je n'en sois pas sure ... En tout cas je me sentais humiliée à être traitée ainsi. Je n'avais aucune conscience du temps qui passait, ça aurait pu être des heures comme une journée entière lorsque l'on me retira le sac des yeux. J'étais éblouie, et avant que je réalise dans quel endroit je me trouvais mes liens furent tranchés et on m'enchaina à un mur.

Un petit homme trapu au regard froid me gifla alors, il ressemblait à un prêtre mais ceux que j'avais déjà vu à Grafthon étaient plutôt avenants et aimables malgré nos différences de croyances ... Dans le regard de cet homme je voyais de la haine et du dégout, malgré moi je frissonna j'étais terrorisée.

Il se retourna soudain et se mis à genoux devant un autel chrétien improvisé, je pu alors détailler l'endroit où nous nous trouvions ... Il s'agissait d'une tente, une tente de campagne à en juger par les dimensions, les hommes qui m'avaient enlevée avaient disparus, je compris que je n'étais pas attachée à un mur mais à un panneau de bois, un rapide coup d'œil à mes pieds me fit comprendre qu'il était articulé...

Lorsque l'inquisiteur fini sa prière il actionna un levier et le panneau bascula brusquement, je me retrouvais à auteur de sa taille et ce que je vis derrière moi me fit m'évanouir... Une table croulait sous des instruments de torture les plus horribles que je n'aurai jamais pu imaginer.


 

                                   Dans les ombres ...

Un seau d'eau glacée suivit d'une autre gifle suffirent à me réveiller. L'homme se pencha vers moi et d'une main ferme arracha mes vêtements. Je tentais de crier mais le bâillon m'en empêcha, il aperçu alors le médaillon en forme de licorne que ma sœur m'avait offert jadis, il représentait les gardiens de la forêt des âmes... à sa vue il fut prit d'une crise de démence ... Il tira sur la fine chaine d'argent qui se brisa presque instantanément, il jeta le médaillon dans un braséro en hurlant une prière en latin. Me souvenant de mes leçons de jadis je tandis l'oreille et je compris qu'il priait son dieu de lui donner la force de vaincre le démon... C'est à ce moment là que j'ai compris que je n'en sortirai pas vivante ... Je n'étais qu'une adolescente sans force et personne ne nous retrouverai dans cette forêt.

Il se pencha vers moi et me dit dans un souffle qu'il m'exorciserait quoi qu'il lui en coûte, alors je compris en croisant son regard qu'il était fou... Mais mon regard apeuré le fit éclater de rire tandis qu'il se saisit d'une lanière de cuir et me cingla le torse.

Je ne sais pas combien de fois je m'évanouis ce soir là ni combien de coups je reçu alors ... Au matin il cessa enfin et quitta la tente après m'avoir craché au visage.

Mon torse était en sang, j'avais l'impression d'être réduite en bouillie... La matinée s'écoula sans que je puisse dormir, en début d'après midi il revint dans la tente et l'un des sbires ranima le braséro... L'inquisiteur semblait avoir décidé de passer à l'étape supérieure et durant tous l'après midi il m'enfonça des aiguilles de fer portées au rouge sous la peau et il prit un malin plaisir à les faire tourner.

Le soir il tailla allégrement dans mes jambes avec une lame tordue, je fus surprise de constater qu'au bout d'un moment je ne sentais même plus la douleur.

La nuit me laissa un faible répit, je ne pouvais voir mon corps meurtri mais j'imaginais les chairs à vifs de mes  jambes, les trous minuscules le long de mon corps et les plaies sanguinolentes de mon torse... Alors j'ai pleuré ce qui me restait de larmes, j'ai pleuré sur ma vie qui se terminait ainsi... Pour moi il n'y aurait pas de bal, pas de beau mariage, pas de héro pour me sauver... Et quand les larmes se sont taries ce sont des larmes de sang qui ont coulées.

                                   Une bête rugit ....

L'un des hommes de main entra dans la tente, il portait un seau et semblait devoir nettoyer les instruments de torture. Un gémissement étouffé sortit de ma bouche toujours bâillonnée, j'avais soif comme je n'imaginai pas que ce fut possible.

L'homme posa son seau et m'observa des pieds à la tête avec un rictus de dégout qui m'arracha d'autres larmes... Qu'il détourne la tête, qu'il cesse de me regarder ainsi... Je ne supportais pas son regard, le tatouage sur son visage me répugnait autant que moi même... Il semblait éprouver un plaisir sadique à ma honte, il s'approcha de moi et son expression de dégout amusé s'accrut... Il planta son doigt dans les plaies béantes de mes jambes m'arrachant un cri de douleur et d'indignation, évidemment cela ne fit qu'accroître ses pulsions sadique et il arracha un morceau de peau en souriant.

Soudain, il se passa quelque chose d'étrange ... Son regard se vida et il resta là sans bouger... Pendant un moment j'ai cru qu'il avait vu l'inquisiteur rentrer dans la tente.


La toile se déchira et une énorme créature arachnide souleva la tente...Aussitôt je compris ce qui se passait dans cette forêt et dans la tête de mon tortionnaire.

Les lagors sont des créatures pourvues de pouvoirs psychique, elles dominent leurs victimes pour les dévorer ensuite... Je savais qu'elles vivaient en clan mais je croyais l'espèce disparue... « ça explique les disparitions de la forêt grise »

La créature planta ses crocs dans le ventre de l'homme qui ne dit rien, il s'effondra complètement paralysé. Son regard grisâtre se fixa sur moi et pour la première fois de ma vie j'ai sentis un esprit se tourner vers le mien... Je pu alors percevoir toute l'intelligence de la créature, oubliant la douleur de mon corps je me plongeais dans cette nouvelle sensation euphorique. J'étais un et deux et même tout un clan à la fois...Ce contact effleura des choses qui dormaient en moi, j'ai eu l'impression qu'un fauve sortait d'un lac sombre puis s'ébrouait avant de pousser un fantastique rugissement.

                                   Pour vivre sa vie


Les Lagors ont ceci de particulier qu'ils utilisent parfois des humains pour accomplir les tâches qu'ils ne peuvent faire eux-mêmes. Je crois que c'est ce que je suis devenue alors, une sorte d'esclave mais pas au sens humain du terme. J'étais liée à eux psychiquement, ils avaient frôlés de leurs minces membres psychique une partie de moi qui ne demandait qu'à sortir depuis toujours. Je n'ai pas trop de souvenir de ma vie parmi eux, je crois que ce qui a poussé ce Lagor à me lier à eux c'était la reconnaissance que j'ai éprouvée lorsque je l'ai aperçu. Etant à demi-morte et souffrant atrocement j'avais échappée à leur balayage psychique et ils n'avaient perçu ma présence qu'au moment où leurs yeux se posèrent sur moi.

La mort serait un soulagement, je me souviens m'être demandée si leur venin annihilait la douleur avant de me noyer dans le clan.

Leur poussée fût délicate, ils modelèrent mon esprit pour faire de moi un membre de leur clan et c'est ce que je suis devenue alors... Je n'ai appris que plus tard que j'ai vécu parmi eux pendant trois longs mois... Je me souviens m'être occupée des femelles restées à l'intérieur de la tanière. Je creusai pour elles, je les aidais à cacher les œufs et à les protéger... En échange de mes services ils prirent soin de moi je crois ... Par ordre mental ils poussèrent une partie de mon subconscient à s'occuper de ma guérison, j'ai du dormir longtemps car presque toute mon énergie était employée à cette tâche.

J'ignore ce qu'ils m'ont fait manger, l'idée que j'ai surement dévorés mes ravisseurs me donne parfois encore envie de vomir. Mais globalement je crois que j'étais bien traitée... Je n'étais pas une Lagor et ils ne m'ont jamais considérée comme telle, mais j'étais utile et le lien qu'ils tissaient avec moi était presque similaire à ceux qu'ils tissent entre-eux.

                                   Sauvage et chasseresse

Le printemps s'écoula sans que j'en aie vraiment conscience, je vivais un véritable rêve éveillé. Et comme tous les rêves ont une fin, celle-ci a été plutôt brutale .

Au départ ce n'était qu'une sensation, celle de perdre quelque chose, puis l'inquiétude des femelles Lagor me submergea... Un des chasseurs était mort, les humains venaient en nombre pour les exterminer,

D'autres chasseurs se dirigèrent vers le groupe d'humain entré dans la forêt, et d'autres moururent... Je ressentais chaque mort comme un déchirement mais tandis que les Lagors s'organisaient, mourraient et paniquaient ma propre personnalité commençait à reprendre le dessus.

J'étais prostrée dans un coin de la tanière, ne sachant à quoi me raccrocher... Le lien que les créatures utilisaient pour me dominer s'atténuait, mais plus il s'effilochait, plus la peur me revenait... Je tentais de m'y raccrocher et au travers des yeux des lagors je vis l'inquisiteur à la tête d'une troupe de vingt guerriers bien armés ils étaient proches, très proches et dangereux.

J'ai compris plus tard pourquoi les Lagors ne purent les dominer, leur foi aveugle et leur folie créait un vrai rempart contre les suggestion psychique, plus tard c'est cette compréhension des choses qui me permettra de créer ma propre barrière mentale.

Les chasseurs mirent le feu autour de la tanière, afin de se donner une chance les lagors se précipitèrent à l'extérieur bien décidés à fuir, complètement perdue je les suivais à l'extérieur.


« Je vous l'avait bien dit, cette fille est une sorcière hérétique, elle vit avec les monstres »


Cette voix, en l'entendant les restes de la domination télépathique qui me liait aux Lagors se brisa et la peur revint en force. Pour la première fois depuis longtemps j'ai eu conscience de voir par mes propres yeux et de penser par moi même...

L'inquisiteur avait l'air plus fou que jamais, il me désignait d'un air frénétique et accusateur aux guerriers qu'il avait rassemblé.

Je remarquais alors que chacun d'eux portait au visage le même tatouage que mon ravisseur, surement la marque d'une secte chrétienne fondée ou dirigée par ce cinglé. Aujourd'hui je sais qu'elle était illégale et fortement condamnée par l'église... Mais à l'époque je croyais que l'église entière était à mes trousses.


« Sale putain, Sorcière ... J'exorciserai ce monde de la souillure de ta présence » cria l'inquisiteur en brandissant son symbole de foi.


Je hurlais , un cri de peur et de douleur qui n'avait pu sortir lorsqu'il me torturait mais il se transforma vite en cri de rage!!! L'adolescente que j'étais revint en force, mon nom, ma fierté, ma force tout me submergea et j'eu bien du mal à ne pas me perdre dans cet afflux subit de souvenirs. Il m'avait enlevée, torturée, brisée mais jamais je ne laisserai cette parodie d'être humain me tuer, je préférai encore me donner moi même la mort que de tomber entre ses mains.

Tandis que je pensai à cela une flèche siffla non loin de moi et s'écrasa contre la falaise, ce fût comme un déclic et je couru ... Les mois passés dans la tanière des lagors m'avaient redonnés force et vigueur même si j'étais d'une saleté repoussante.

Vêtue de haillons je couru à travers bois, distançant mes agresseurs encore aux prises avec les Lagors. Au bout d'une demi-heure de course je me suis effondrée dans un buisson, couverte de sang et de boue je m'y cachais tremblante en espérant passer la nuit au calme et réfléchir un peu à tout ce qui m'était arrivé.

Une heure plus tard j'entendis des bruits de pas et de conversation... Un peu calmée j'ai grimpé lestement à un arbre et j'ai vu l'inquisiteur à la tête d'une dizaine de ses sbires, l'un d'eux devait être un pisteur d'Albéria car ils suivaient mes traces sans problèmes.

Je connaissais bien les pisteurs d'Albéria aussi je su que j'allais avoir du mal à semer cette troupe, ils finiraient par me retrouver et me tuer séance tenante.

                                   Défends toi ô bête funeste

Je n'allais pas me laisser faire, une haine sourde prit le dessus sur tout le reste ... Ils m'avaient enlevée à ma famille, à ma vie innocente et même l'attaque contre les Lagors pesait dans mon cœur.

Je suis descendue à toute vitesse de l'arbre et j'ai couru dans les sous bois, le temps était à la pluie ... Une chaude pluie d'été, si je pouvais prendre suffisamment de distance avec eux elle effacerai mes traces mais si ils gardaient le rythme ça leur faciliterai les choses... Heureusement je suis plus légère qu'une troupe d'inquisiteurs chasseurs d'hérétiques en armure lourde et armés de pieds en capes, aussi je n'eu aucun mal à prendre de l'avance durant cette journée, mais je compris bien vite que ça ne servirait à rien ... Ils ne lâcheront pas prise.

Soudain je perçu quelque chose d'étrange, comme un sentiment extérieur au mien ... Je savais que je n'avais pas le temps de réfléchir à cela mais je me suis arrêtée ... En écartant les buissons j'aperçus une petite étendue d'eau claire et d'une rare pureté. Avant que je ne m'en rende compte j'étais entrée dans la source et ce fût comme une renaissance... Toute la crasse et la fatigue de ces derniers mois s'étaient estompées, j'avais peur de voir mon reflet mais lorsque les troubles de l'eau cessèrent je n'ai pas pu m'empêcher de me regarder... Je ressemblais à une sauvageonne, mes longs cheveux blonds avaient beaucoup poussés et ils étaient sales et pleins de nœuds, de feuilles et de brindilles, mon visage autrefois d'une blancheur immaculée était halé par ma vie en forêt mais ... Des traces de ma torture il ne restait pas grand chose, l'influence psychique des Lagors avait fait merveille mais j'ai eu l'impression que ma baignade dans la source n'y était pas pour rien.

La sensation curieuse me reprit, j'avais l'impression que la source renfermait un sentiment profond... un sentiment d'espoir sur la destinée... Je le comprenais clairement et tandis que je plongeais entièrement dans la source je remontais le fil du sentiment en quelque brassée et lorsque j'en ai compris l'origine un cri s'est échappé de ma bouche, étouffé par l'eau, l'origine en était un squelette, très ancien apparemment, qui dormait au fond de la source... C'était jadis un seigneur Sylvain, je ne comprenais pas comment je pouvais en être si sûre mais quelque chose attira ma main, dormant dans la vase un sabre magnifique revint à la lumière du jour, il semblait très ancien et d'une rare finesse... Comme toutes les femmes d'Albéria j'avais un peu appris le maniement des armes et je pu donc en apprécier le touché et la finesse. Sortant de l'eau le sabre à la main je le détaillait d'avantage ... La lame mesurait environ 56 cm, il était bleu avec une nuance argentée, la lame était dentelée à l'extrémité et le tranchant semblait aussi affuté que si il sortait des mains d'un forgeron.

Je fis quelques mouvements et je compris que cette arme n'était pas normale... Mes mouvements me semblèrent bien plus rapide et fluide que dans mes souvenirs, mon séjour chez les Lagors m'avait renforcée physiquement. Soudain j'aperçus une gravure le long de la garde en forme de licorne, elle était écrite dans l'ancien language Ultwe'alariel, la langue des sylvains de jadis...Sa structure était proche de l'ailish, et j'avais un peu étudié la langue des sylvain je pu lire le nom de l'arme : Rédemption


                                   Car la traque se termine


Souriante je compris alors qu'on me donnait les moyens de me battre et de me purger du mal que l'on m'avait fait! J'ai adressé une prière aux anciens esprits et les rassurait de mon allégeance par le serment de mes ancêtres.

« Moi Keïra Adaïr, fille du baron Arthuron Adaïr, je vous remercie ô défunt de l'ancien monde d'avoir fait partie de ma destinée »

Je pris une grande mèche de mes cheveux et je la trancha net, ensuite je l'ai nouée en une fine tresse et j'ai attaché des fleurs cueillies autour de la source ainsi que quelques coquillages, pour finir j'ai fait une boucle pour faire un collier et je suis à nouveau entrée dans l'eau pour le poser autour du crâne du sylvain, je n'avais rien d'autre à échanger contre l'épée...

Je suis sortie de la source, pour la première fois de ma vie j'étais la chasseuse et non la proie... J'aimais ça, je l'ai compris dès que je suis retournée dans la forêt avec en tête l'envie de tuer.


J'avais l'impression de ne plus être la même qu'une heure plus tôt, et lorsqu'en début de soirée les traqueurs arrivèrent à ma hauteur je n'ai pas senti la moindre peur, ni même la moindre angoisse.

Ils avançaient en arc de cercle, chacun était armé jusqu'aux dents ... Leur marche forcée à travers la forêt les avait épuisés, et certains étaient blessés de part leur affrontement avec les lagors, mais dans leurs yeux je pouvais lire la même frénésie religieuse proche de la folie. Résolue je me suis mise en garde, je devais avoir l'air d'une vraie démone car je perçu un frisson parmi mes adversaires. Je me suis concentrée sur ce frisson pour me donner plus de force et alors je perçu leur rage, leur haine de ma propre existence mais aussi leur peur... J'avais la tête qui tourne, comment ai-je pu avoir ces visions du sylvain tout à l'heure ? Et maintenant ceci ? Mon partage de l'esprit des lagors avait t'il éveillé en moi quelque talent de télépathie? Maintenant je sais qu'il ne s'agit que de télémétrie et d'un talent de sensation ... Mais mon pouvoir le plus impressionnant allait bientôt se manifester.

L'inquisiteur s'avança et se mit à haranguer ses troupes comme un prêtre ses ouailles.

« Mes fils, ne craignez pas cette sorcière ni l'hérésie qui habite ces lieux, la foi nous a protégé des démons avec lesquels cette catin s'est liée dans l'impie, la foi nous a permis de la retrouver en ce lieu maudit... C'est l'heure du combat final contre le démon, nous l'exorciseront de ces lieux »


J'étais abasourdie, moi un démon? Pour la première fois depuis longtemps j'éclatais de rire


« Ah ils sont beaux les défenseurs du bien et de la foi chrétienne, vous avez enlevée une jeune fille à sa famille, torturée pendant des heures par pur sadisme ... Vous n'êtes que des porcs et les anciens esprits vous jugeront comme vous le méritez! »


« Tais-toi sorcière, hurla l'inquisiteur, le petit homme sembla un instant s'étouffer de rage puis il explosa... Tes paroles sont celles du démon, nous ne craignons pas le diable que tu invoques contre nous... Ton peuple commence à s'ouvrir à la sagesse de la vraie foi et ce sont des Putains dans ton genre qui font d'Albéria une province minable... Vous vénérez des arbres et des sources, vous écoutez ces diables d'Illiums et vous condamnez Albéria à ne pouvoir grandir dans le giron du saint-empire. Mais je vous exorciserai, démons, et lorsque la vraie foi sera prêchée au nom de nôtre seigneur en ces lieux nous maudirons vos âmes impies »


« Vous ne savez pas de quoi vous parlez » Ma voix me sembla un instant étrangère, « vous ne connaissez rien de l'histoire de nôtre pays... Nos ancêtres sont arrivés dans ce pays alors qu'il était le territoire des esprits, aujourd'hui ils font partie des légendes mais à l'époque ils nous ont tolérés et accueillis, nous leur avons jurés serment et ils nous lient toujours. Nous n'avons rien contre la foi chrétienne, les hommes d'église sont les bienvenus en Albéria depuis toujours, Même si les Illiums sont voués à disparaître vous n'avez pas le droit de nous traiter d'hérétiques, le saint empire lui même tolère et accepte nos croyances car ce sont celles d'un grand peuple dont vous n'êtes même pas digne de croiser le regard »


La bataille commença en un éclair, épée au clair deux hommes fonçaient dans ma direction, à l'aide de rédemption j'acquis suffisamment de vitesse pour éviter leurs deux coups en reculant au dernier moment, je connaissais le terrain aussi j'eus toute l'opportunité pour prendre de la hauteur sur un rocher surplombant la source. Je faisais une belle cible pour les archers mais ils devaient se déployer car les arbres gênaient leurs tirs. Depuis mon point de vue j'ai compris que je n'avais aucune chance, mes adversaires étaient trop nombreux et bien entraînés... Du moins l'étaient t'ils comparés à une jeune fille de quinze ans. L'un des archers encocha une flèche, c'était l'albérien et je compris que malgré les branches il pourrait me descendre séance tenante. J'ai sauté d'instinct de l'autre coté du rocher et j'en ai profité pour faire face à mes deux adversaires, d'un coup de taille j'ai réussi à trancher la jambe de l'un d'eux, l'euphorie du combat naquit en moi et je menais l'assaut contre le suivant. Tandis que je le désarmais et lui décochais un coup de pied dans le visage je cru un instant que j'avais mes chances de gagner, pourtant deux secondes plus tard cette impression s'évanouit aussi vite qu'elle était venue tandis qu'une dizaine de chasseurs apparaissait me laissant dos au rocher sans retraite possible.

                                   Dans un déluge d'anciens pouvoirs...


J'étais piégée, déjà trois archers décochèrent leurs flèches... Sans son intervention j'étais morte, je lui dois tellement que je pourrai passer ma vie à la remercier.

Je voyais déjà les flèches me transpercer de part en part, lorsqu'un tourbillon de lames détruisit dans les airs chacune des trois flèches tirées. Une femme apparu devant moi épée au clair, elle était magnifique !!! De longs cheveux dorés comme le soleil, des traits d'une finesse incomparable... Tout en elle jusqu'à sa robe aussi blanche que les plumes d'une colombe ou son épée tellement brillante semblait sortir d'un conte de fée.

« Vous, scélérats, comment osez vous vous en prendre à une jeune fille sans défense ? » dit t'elle d'une voix claire avant de fondre sur les guerriers avec une adresse incomparable.

Je suis restée interdite un instant, mais l'attaque d'un des sbires me ramena à la réalité, maniant l'épée aussi vite que possible j'ai eu à faire face à deux adversaires quand mon sauveur en élimina douze ... Les autres fuirent sans demander leur reste.

Seul restait l'inquisiteur qui se confondait en imprécations et en malédictions à l'encontre des fuyards et des sorcières de ce pays maudit.


La haine que j'ai éprouvé à ce moment là, à sa vue, dépasse tout ce que je pourrais vous expliquer avec des mots... Je sais aujourd'hui ce qui s'est passé mais à l'époque j'ai eu l'impression que toute cette haine se concentra dans mes yeux, mon subconscient fut comme submergé de froid et en un instant les jambes de l'inquisiteur furent prises dans la glace.


« Sorcière ... Je le savais, tu es une sale sorcière »


Son ton me glaçait le sang, mais je continuais à conduire ma haine et petit à petit il se retrouva coincé dans la glace jusqu'à la langue, puis il fut totalement pris dans la glace.

Il restait en vie sous la couche de glace qui venait de le recouvrir, m'assurant qu'il me voyait bien je pris le temps de lever mon épée avec calme et sérénité, nos regards se croisèrent et je n'ai pas détourné les yeux en abattant de toutes mes forces l'antique lame sur l'inquisiteur qui s'effondra, mort ....


Un sentiment de liberté naquit dans mon cœur, j'ai tenté de faire un pas lorsque je me suis sentie défaillir... Ma tête tournait et je suis tombée dans les bras de la femme qui m'avait sauvée.


« Pas si dépourvue de défenses que cela » dit-elle en un sourire éclatant ... puis se fut le néant !


                                   Puis un nouveau monde naquit ...


« Tu es réveillée? »

J'émergeais du sommeil petit à petit, le brouillard devant mes yeux se dissipait puis je me suis redressée. J'étais enroulée dans une chaude couverture de voyage, nous nous trouvions dans une clairière non loin de la source car j'entendais à présent le bruit de l'eau s'écoulant au travers des rochers, il faisait chaud et l'après midi semblait avancé déjà.

« Qui êtes vous ? » lui ai-je demandée

« Tu peux m'appeler Sylvia, je voyage dans la région histoire de l'explorer un peu. Et toi jeune fille, comment t'appelles tu ? »

« Keira Adaïr » puis me souvenant qu'elle m'avait sauvé la vie « je vous remercie pour vôtre intervention ce matin, vous m'avez sauvée !! »

Sylvia éclata d'un rire cristallin ! « Ce n'est rien Keira, je n'aime pas vraiment les vieux fanatiques qui s'en prennent aux jeunes filles, mais si j'avais su que tu avais des talents pareils je t'aurai laissée le plaisir de les chasser toi-même ! Elle m'adressa un clin d'œil avant d'ajouter : Au fait ça fait trois jours que tu dors »

« Trois jours? Me suis-je dit mais que s'est il passé ? Pourquoi ai-je dormi si longtemps ? »

Sylvia s'assit sur une souche d'arbre en plongea son regard dans le mien avant de me répondre.

« Tu sembles l'ignorer mais tu possèdes des talents psychiques, j'ai étudié ça dans ma jeunesse....Je ne sais quels sont tes pouvoirs exactement mais il y a au moins un talent de cryokinésie au vu de ce que tu as fait à cet homme »

Des talents psychiques ? Moi ? Je ne comprenais pas ... je n'avais jamais eu ce genre de talents et pourtant... les Lagors m'avaient épargnés et puis ces perceptions des sentiments étrangers ... Mais comment pouvais-je avoir ce genre de pouvoirs ? Suis-je réellement une sorcière ?

Sylvia mit fin à mes réflexions

« Ne te prends pas la tête avec ça, ça fait partie de toi...Jadis les anciens étaient des experts dans l'art de puiser dans le flux des âmes et d'altérer la réalité, c'est ce que l'on appelle un peu naïvement la magie ! Mais certains avaient la possibilité d'utiliser leur propre énergie spirituelle au travers de leur volonté pour agir avec la réalité... Beaucoup ont ce genre de talents et le potentiel, ils se manifestent surtout à l'adolescence...Puis se cachent si on ne cherche pas à les maîtriser ou si on les ignore... »


Je me suis tenue la tête, incrédule, puis avec une facilité qui m'étonna je me suis dit que Sylvia avait raison, ça faisait partie de moi à présent... Mon contact avec les Lagors à du réveiller ce potentiel dormant, à présent je devais le maîtriser.


« Pourriez-vous m'apprendre à les maîtriser dame Sylvia ? »

« Tu peux m'appeler Sylvia simplement, et pour te répondre non ... Je suis désolée mais je ne peux rien faire pour toi. C'est à toi de dominer ta volonté et d'apprendre à contrôler tes talents! Tandis que j'acquiesçai elle ajouta : En revanche si tu veux je peux te donner quelques leçons d'escrime et ... des vêtements »

Je me suis alors penchée et remarqué ma nudité, Sylvia avait brulé les haillons qui me couvraient encore, je remarquais aussi qu'elle m'avait lavée et coupés les cheveux après les avoirs brossés... Je me sentais propre et bien dans ma peau, cela faisait si longtemps ... Sylvia et moi éclations de rire tandis qu'elle me tendit une tunique propre. J'étais revenue dans les rangs de l'humanité !!!


Les jours puis les semaines passèrent, nous passions notre temps à discuter, à rire et à nous entraîner. Sylvia était une véritable experte dans l'art du combat et elle m'apprit beaucoup, nous nous entraînions tous les matins... L'après midi après une baignade dans la source nous nous promenions dans les bois alentours...Sylvia me parlait de légendes de jadis, je lui parlai de la situation d'Albéria pour ce que j'en savais.

En soirée je passais pas mal de temps à la recherche de mes talents, cherchant d'abord un état d'esprit puis un simple jeu de volonté... Ce n'est que deux ans plus tard que je pu réellement maîtriser mes pouvoirs, les nommer et les comprendre. Mais au bout d'une semaine j'arrivais à geler l'eau et la surface des choses.

Un jour Sylvia me parla de rédemption, cette épée portait en elle les forces de la lumière, elle appartenait jadis à l'un de ses amis qui repose aujourd'hui au fond de la source.

Je cachai ma stupéfaction, ce que j'avais perçu me semblait si ancien... Mais je n'étais pas sûre de moi aussi n'ai-je rien dit, après tout Sylvia ne m'avait jamais mentit.

Un soir j'ai plongé dans la source avec Rédemption, j'ai concentré ma volonté et péniblement, je parvint à en faire une copie de glace plus ou moins ressemblante.

Le fond de la source était froide, je savais qu'elle finirai par fondre mais je la posai néanmoins près du squelette qui gisait par le fond.


L'été touchait à sa fin, Sylvia pensait repartir vers le nord et me proposa de l'accompagner, j'acceptais avec plaisir... Car au nord se trouvait Grafthon et il était temps que je rentre chez moi. Sylvia m'encouragea, c'était une épreuve d'un autre genre mais elle ne serait surement pas facile me dit-elle.

Nous avons quittés nôtre îlot de tranquillité pour retourner à la civilisation !!


                                   Et la vie reprit son chemin


Septembre approchait quand je suis arrivée en vue de Grafthon, Sylvia m'avait quittée sur le chemin me laissant en cadeau d'au-revoir une tenue de voyage fort agréable, je la portais tandis que je suis entrée dans la ville portuaire... Les odeurs familières me sont venues aux narines, le marché du port se remplissait de fruits de mer et de coquillages divers. Les gens ne semblaient pas me reconnaître, certains semblaient même me regarder d'un air désapprobateur ... Qui en effet aurait pu reconnaître la fille cadette du comte Adaïr en cette jeune voyageuse portant tunique et pantalon, le sabre à la ceinture et un sac de voyage jeté négligemment par dessus l'épaule ?


Lorsque je suis arrivée devant la maison familiale, j'ai eu peur un instant d'avoir à raconté tout ce qui m'était arrivé ... C'est notre majordome qui a ouvert la porte, j'ai éclaté de rire lorsqu'il est tombé sur ses fesses tant il n'osait en croire ses yeux.

Au bout de dix minutes toute la maisonnée se pressait dans le hall d'entrée pour me voir, mes parents et ma sœur ainée ne cessèrent de me serrer dans leurs bras me demandant ce que je faisais ici. Mais la vision de ma grand-mère dégageant tout le monde pour me voir de près me fit bien plus plaisir que je n'osai l'avouer.

Le soir, j'expliquai à ma famille mon aventure, plusieurs fois j'ai pleuré dans mon récit ... Ma mère et ma sœur n'osèrent y croire et il me semblait que mon père bouillait de rage, lorsque j'ai posé le mot de la fin j'attendis le jugement de ma famille, mais il n'y en eu aucun... L'assemblée se sépara peu après et j'ai retrouvé le confort de ma chambre de petite fille ... Rien n'avait bougé, je souris avant de m'endormir à la vision de Rédemption posée au milieu de mes poupées.


Les semaines qui suivirent furent difficiles, ma mère et ma sœur voulurent me refaire des toilettes décentes, mon père a eut des problèmes lorsqu'il eut à annoncer que j'étais encore en vie au conseil des nobles.

La pierre tombale qui m'était consacrée fut retirée du cimetière familial, et la vie reprit... Principal centre des conversations mondaines, tout le beau monde se demandait ce qui m'était arrivé et mon premier bal n'était pas celui dont j'avais rêvé depuis toute petite... La version officielle était que j'avais passé ces derniers mois chez un lointain cousin à Abel pour ma santé, mais personne n'y croyait réellement.

Celles que je croyais être mes amies étaient jalouses de cette attention sur ma personne, et avant que l'hiver ne commence j'avais déjà assisté à une dizaine de bals.

Pourtant cette existence mondaine si chère à mon cœur ne faisait que souligner un grand vide ... Ces trois mois depuis que j'étais rentrée je les ai passés en exercices de méditation et de contrôle de mes pouvoirs... Ma mère était très mal à l'aise et faisait tout pour m'en distraire me parlant chiffons et potins dès que je cherchai à m'isoler, néanmoins j'arrivais de mieux en mieux à contrôler mes dons, m'en découvrant de nouveaux et appréhendant le potentiel qu'il me restait à exploiter.


Et le temps passa ...


J'approchais bientôt de mes 16 ans, j'étais dans une forme éblouissante, des exercices réguliers et un plaisir indicible à danser avaient forgés mon corps, et cette discipline avait affûté mon esprit comme jamais. Mes parents désiraient me préparer au mariage, mais j'affichais une telle distance lors des visites des prétendants et de leur famille que bien vite ils se sont désistés les uns après les autres.

Le soir de mon anniversaire je réunissais ma famille, j'étais bien décidée à leur expliquer ma décision quand à mon avenir ... Si vous saviez comme c'était délicat, plus encore que de leur conter ce qui m'était arrivé.


« Je vais partir pour Abel à Archange où je me mettrai au service de l'impératrice Elisabeth, vous savez qu'elle défend la liberté de culte ... J'ai souffert de l'inquisition chrétienne mais je sais que cette foi à de bons cotés... Je dois prendre ma revanche, et ma vie en main... Je sais que je vous ai déçue, mais c'est mon choix et je partirai la semaine prochaine »

La réaction de mes parents fut celle que j'imaginais, mais au bout de trois jours ils se sont calmés ... Mon père m'offrit une recommandation à la cour impériale, et la semaine suivante je partis sans domestique jusqu'au Sacro Saint Empire d'Abel... Un mois plus tard je m'achetais une maison de maître au cœur d'archange, il me fallut du temps pour gagner la confiance de l'impératrice mais bientôt elle en vint à apprécier mes dons particuliers ...

Aujourd'hui je suis à son service, en tant qu'agent chevalier de l'ordre du ciel ... J'ai 20 ans je m'appelle Keïra Adaïr, et cette histoire continue dès demain.



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Alors ? Qu'en pensez vous ?




Posté par Kensei à 22:03 - Commentaires [0] - Permalien [#]